Des cérémonies de Moïse – Turretin (11.24)
25 mai 2026

La loi de Moïse se distingue selon trois usages :

  1. La loi morale : d’application éternelle, telle que « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
  2. La loi cérémonielle : les lois liturgiques et les lois de pureté.
  3. La loi civile : les lois qui régissaient la société israélite de Moïse jusqu’à Sédécias.

Turretin considère que cette distinction est fondée sur la différence entre הַמִּצְוָה [mitsvahoth] → la loi morale ; חֻקִּים [chouquim] → la loi cérémonielle ; et מִּשְׁפָּטִים [mishpatim] → la loi civile. Tel qu’on le voit dans des versets comme Deutéronome 5,31 :

« Quant à toi, reste ici avec moi et je te dirai tous les commandements, les prescriptions et les règles que tu devras leur enseigner afin qu’ils les mettent en pratique dans le pays dont je leur donne la possession. »

Cependant, Turretin reconnaît que les usages de ces mots sont parfois mélangés. Il expose encore :

« La loi morale regarde le peuple israélite en tant qu’hommes ; la cérémonielle en tant qu’Église de l’Ancien Testament attendant le Messie promis ; la civile les regarde comme un peuple particulier qui, dans le pays de Canaan, devait avoir une république correspondant à son génie et à sa disposition. » — Turretin, Institutions de théologie elenctique, 11.24.2.

Comparaison des types de lois

Type de loiLoi moraleLoi civileLoi cérémonielle
OrigineFondée sur le droit naturel, connu par nature.Droit positif de Dieu, connu par révélation.Droit positif de Dieu, connu par révélation.
DuréeImmuable et éternelle.Muable et temporaire.Muable et temporaire.
ObjetS’applique à tous les humains.S’applique seulement aux Juifs dans leur société civile.S’applique seulement aux Juifs dans leur vie religieuse, dans leur état mineur.
UtilisationFin de toutes les lois.Sert à la loi morale.Sert à la loi morale.

Définition et origine de la loi cérémonielle

« La loi cérémonielle est le système des préceptes positifs de Dieu concernant le culte extérieur dans les choses sacrées, prescrit à l’ancienne Église, soit pour des raisons d’ordre, soit pour leur signification. » — Ibid. 11.24.4.

Elle correspond au vocabulaire biblique suivant :

  • Prescription : חֻקִּים [chouquim] (Dt 5.31).
  • La loi avec ses commandements et leurs règles : τὸν νόμον τῶν ἐντολῶν ἐν δόγμασιν (Eph 2.15).
  • Ordonnances charnelles :  δικαιώματα σαρκὸς (Heb 9.10).
  • Principes élémentaires sans force et sans valeur :τὰ ἀσθενῆ καὶ πτωχὰ στοιχεῖα (Ga 4.9).

Pourquoi des cérémonies ?

Les cérémonies sont des rites extérieurs et des accessoires sacrés du culte. Elles ne sont pas le culte en elles-mêmes, mais des aides par leur signification, leur exercice et leur décorum. Leur fondement repose sur la nature humaine : l’homme est un « animal cérémoniel » (selon Melanchthon) qui est affecté par les rites extérieurs. Composé d’une âme et d’un corps, il a besoin de rites pour porter ses sens des choses terrestres vers les choses spirituelles.

Cet argument s’oppose à une conception trop désincarnée de la liturgie : aimer Dieu de toutes nos forces nécessite un rituel pour exprimer collectivement cet amour. On se souviendra d’ailleurs que des sacrements existaient déjà au jardin d’Éden (cf Qu’est ce que l’arbre de vie ? – Turretin (8.5).

But de la loi cérémonielle

Après la chute, les rituels servaient à donner une forme régulière à notre relation à Dieu et à préfigurer le Médiateur. Elle existait pour :

  1. L’état d’enfance de l’Église : il fallait enseigner petit à petit par des symboles.
  2. La nature du peuple : pour empêcher un penchant rebelle de se tourner vers d’autres cultes.
  3. L’horreur du péché : nécessitant la recherche d’un remède par les sacrifices.
  4. La figuration de la grâce : montrer la nécessité et l’efficacité de la grâce à venir.

Plus spécifiquement :

  • Envers la loi naturelle : elle précise les applications du culte de Dieu et aide à convaincre de péché.
  • Envers le peuple : elle sert de mur de séparation (mesótoichon, Eph 2.14) pour distinguer Israël des nations.
  • À l’égard de la grâce : elle apprenait la misère par la confession des péchés et montrait la grâce du Médiateur par les préfigurations (Col 2.17 ; Heb 9.13s).
  • Au Christ : Il est la vérité préfigurée. Tout cela n’était que l’ombre des choses à venir, mais la réalité est en Christ (Col 2.17).

Classification des cérémonies

CérémonieCommentaire
CirconcisionPréfigurait l’enlèvement de notre nature corrompue, la restauration de l’Image de Dieu, l’implantation de celle de Christ et le sceau de l’Alliance.
Appel extraordinairePréparation à la communication du message confié (prophètes).
Consécration ordinaireMinistres appelés pour préserver l’ordre établi (prêtres et Lévites).
NaziréatPréfigure la parfaite pureté de Christ et son absence de péché.
Offrandes végétalesDésignaient les bienfaits de Christ, les dons de l’Esprit et notre devoir de reconnaissance.
SacrificesDésignent le sacrifice de Christ, qu’ils soient hilastiques (propitiatoires) ou eucharistiques (actions de grâce).
Lieux sacrésFixés pour faciliter un culte public de masse.
Tabernacle / TempleLieu de la pleine présence de Christ (Col 2.9), du salut de l’Église et image du ciel.
Arche de l’allianceReprésente Christ (trône de grâce) et l’Église (gardienne des Écritures).
AutelsMontrent que la propitiation sanglante doit précéder le parfum de la prière.
Table, chandelier, autel à parfumReprésentent l’Église comme lumière du monde, nourrie spirituellement.
Bassin de bronzeNul ne peut servir Dieu sans avoir d’abord été purgé de la culpabilité du mal.
HolocaustePuissance éternelle et efficacité du sacrifice de Christ ; culte quotidien des fidèles.
SabbatRappelle la création et la nouvelle création commencée en Jésus-Christ.
Nouvelles lunesSignifient que tous les changements de temps sont sanctifiés par Christ.
PâquesCommémore la libération de l’Égypte et préfigure la libération du péché par Christ.
PentecôteCommémore la Loi donnée et préfigure la mission du Saint-Esprit.
Fête des TabernaclesReprésente le pèlerinage de l’homme pieux dans ce monde déchu.
Année sabbatiqueDélivrance par Jésus-Christ qui ôte l’esclavage et la dette du péché.
JubiléNouvelle création par Jésus-Christ où toute dette est remise à zéro.

Extrait de l’exposition de Turretin

Voici la traduction intégrale et fidèle de l’exposition de Turretin, corrigée et mise en forme en Markdown.


Extrait de l’exposition de Turretin

Cela suffira pour votre lecture. Mais j’ai mauvaise conscience à me contenter de ce résumé, aussi je vous encourage à découvrir la traduction plus directe de ce qu’en dit Turretin, digne de votre intérêt :

Les personnes sacrées étaient de deux sortes : certaines appelées sacrées de manière commune ; d’autres pour une raison spéciale. De la première sorte étaient tous ceux qui étaient initiés par le sacrement de la circoncision (marque par laquelle le peuple dédié à Dieu était séparé et distingué des nations profanes). Ce rite préfigurait l’enlèvement de notre corruption native, la restauration de l’image de Dieu en nous, notre implantation en Christ et le scellement de l’alliance divine.

De la seconde sorte sont ceux dont Dieu a utilisé le ministère pour le gouvernement de son Église. Ils étaient à la fois des ministres ordinaires et extraordinaires. Les extraordinaires étaient ceux qui, pour édifier l’Église et y établir l’ordre au début, ou pour la restaurer lorsqu’elle était tombée et ainsi prédire les choses futures, furent immédiatement suscités (tels que les prophètes). Ainsi, par des visions, des rêves et l’inspiration interne du Saint-Esprit, ils étaient préparés à prophétiser. Les ordinaires étaient ceux qui, étant appelés de manière médiate, étaient tenus de préserver l’ordre établi dans l’Église en accomplissant les rites sacrés (tels que les prêtres et les Lévites). Les premiers, issus par une série perpétuelle de successions de la famille d’Aaron, exerçaient leur office dans le tabernacle, posaient leurs mains sur le peuple et le bénissaient en invoquant le nom de Dieu. Parmi eux, le souverain sacrificateur était prééminent ; sa consécration particulière, son vêtement particulier et son office particulier faisaient de lui un type singulier de Christ. Étaient spécialement appelés « Lévites » ceux qui (employés pour les choses sacrées à la place des premiers-nés, Nombres 18) servaient les prêtres en nettoyant les vases sacrés, en abattant et en lavant les animaux, en disposant le pain et autres tâches similaires.

Les Naziréens

Les Naziréens sont également comptés parmi les personnes sacrées, bien qu’ils n’aient rien à voir avec les choses sacrées. Certains l’étaient par un vœu (Nombres 6.2–8) ; d’autres par la naissance et par commandement divin (comme Samson, Samuel, Jean-Baptiste). La sainteté particulière de ces derniers préfigurait la pureté parfaite de Christ, qui était un véritable nzyr de Dieu (tel par antonomase), séparé (aphōrismenos) des autres. En lui se trouve véritablement, de manière mystérieuse, ce qui se produisait chez les Naziréens selon la lettre, puisqu’il s’est en effet abstenu de toute souillure qui aurait pu entacher sa très parfaite sainteté. Il n’avait aucune communication avec les œuvres mortes du péché et sa vie était un exemple continuel de sobriété, de tempérance et de toutes les autres vertus. Il s’est consacré à son office avec un tel zèle qu’il l’a préféré à tous les devoirs de parenté.

Choses sacrées : les offrandes

Les choses sacrées étaient celles qui étaient exemptées des usages profanes et (sanctifiées par la parole de Dieu) étaient destinées à des usages sacrés, tels que les offrandes ou les sacrifices. Il y avait les offrandes de choses inanimées qui (issues de la terre) servaient à l’homme soit de nourriture pour la vie, soit d’épice pour la joie, soit de remèdes pour la guérison. De la première sorte, le pain et le vin ; de la seconde, l’huile et le sel ; de la troisième, l’encens était présenté, par lesquels les bienfaits de Christ envers nous et les dons de l’Esprit étaient désignés, ainsi que notre devoir envers Dieu et le témoignage d’un esprit reconnaissant (Malachie 1.11).

Les Sacrifices. Ils constituent une grande partie de la loi cérémonielle. Non pas parce qu’ils auraient été d’un usage libre que l’on pourrait offrir ou non sans négliger le culte dû (comme certains le soutiennent) ; car le fait qu’ils aient été prescrits par Dieu se déduit plus que suffisamment du fait qu’Abel est dit avoir offert par la foi (Hébreux 11.4). Or, la foi est fondée sur la parole de Dieu, et il est dit que Dieu a rendu témoignage à ces sacrifices, témoignant ainsi qu’ils lui étaient agréables. Or, en matière de religion, rien ne lui plaît excepté ce qu’il a lui-même commandé ; ainsi, tout culte volontaire (ethelothrēskeia) est condamné (Colossiens 2.23). Mais leur institution fut plus clairement et solennellement renouvelée par Moïse. Les sacrifices étaient aussi des victimes vivantes, présentées par le croyant et offertes par le prêtre à Dieu, selon les rites prescrits par lui. Leur intégrité et leur absence de défaut (holoklēria), tout comme elles signifiaient Christ, l’agneau immaculé et la marque de perfection vers laquelle nous devons tendre dans cette vie, ainsi leur offrande désignait d’abord le sacrifice de Christ offert pour nous, puis aussi notre service raisonnable (logikēn latreian).

Il y en avait deux espèces principales. Certaines étaient hilastiques (propitiatoires) pour les péchés commis (ce qui préfigurait le sacrifice expiatoire de Christ offert pour nous sur la croix comme un parfum de bonne odeur [eis osmēn euōdias] pour expier nos péchés [Éphésiens 5.2] et la consécration de nous-mêmes, corps et âme, faite en Christ au Père, Romains 12.1). D’autres étaient eucharistiques pour les bienfaits attendus ou reçus, lesquels étaient les types des sacrifices spirituels de prières et de louanges à offrir chaque jour à Dieu et de l’amour à exercer envers nos prochains (Hébreux 13.15, 16).

Le sacrifice est parfois pris au sens large pour toute action religieuse instituée par Dieu afin que nous lui offrions ce qui nous appartient pour sa gloire et que nous soyons unis dans une communion plus étroite avec lui. En ce sens, il pouvait exister même avant le péché, et la fin était de témoigner, de sceller, de préserver et d’accroître la communion avec Dieu, l’homme rendant grâce, reconnaissant sa dette et plaçant tout ce qu’il a devant Dieu pour témoigner d’une âme reconnaissante et obtenir les bénédictions dont il a encore besoin. Mais il désigne strictement l’offrande et la mise à mort d’une victime pour l’expiation du péché par l’effusion de son sang (haimatekchysian) et la mort ; ainsi, ce n’est qu’après le péché qu’il a pu avoir lieu. Puisque les maux de la faute et de la punition, introduits par le péché, devaient être enlevés et les bonnes choses que l’homme avait perdues devaient être obtenues par une satisfaction à la justice divine et l’apaisement de sa colère, l’effusion de sang et la mort de la victime dans les sacrifices étaient nécessairement requises pour préfigurer plus efficacement le sacrifice de Christ par sa mort maudite et l’effusion de son sang très précieux.

Lieux sacrés

Troisièmement, parce que le lieu et le temps entrent dans les choses sacrées, ils appartiennent pour cette raison également à la loi cérémonielle. Un lieu sacré est un lieu dans lequel Dieu a manifesté sa présence par un symbole visible et a publiquement commandé d’être adoré là. Même avant la construction du tabernacle et du temple, cela est appelé « la face du Dieu visible », « la maison de Dieu » et « la porte du ciel » (Genèse 16.13 ; 28.17). Car comme la loi ordonne des assemblées sacrées, il fallait aussi choisir des lieux d’assemblée dans lesquels ces choses pourraient être faites plus commodément et opportunément. Ce choix ne dépendait pas du plaisir des hommes, mais de Dieu, qui les sélectionne et les met à part tant par une manifestation de lui-même que par une déclaration de sa volonté. Cette adhésion locale était nécessaire sous l’Ancien Testament où le culte extérieur et cérémoniel exigeait également un certain lieu auquel il pût être confiné. Mais maintenant, sous l’Évangile, où la connaissance de Dieu est diffusée dans le monde entier, cela est devenu accidentel et indifférent parce que notre culte n’est restreint à aucun lieu. Ce n’est ni sur le mont Garizim ni à Jérusalem seulement qu’il est adoré en esprit et en vérité (Jean 4.23). Il est permis d’élever partout des mains pures vers Dieu (1 Timothée 2.8).

Le tabernacle, le temple

Ce lieu fut révélé à Moïse par l’ordination de Dieu. D’abord, le tabernacle mobile qu’il reçut l’ordre de construire à cette fin. Pour cette raison, il était communément appelé le « tabernacle d’assignation » et « du témoignage ». Plus tard, au temps de Salomon, il fut changé en un temple fixe et immobile. Il était une figure :

  1. De Christ, en qui habite corporellement (sōmatikōs) toute la plénitude (plērōma) de la divinité (Colossiens 2.9), en qui seul Dieu pouvait être droitement reconnu et adoré, lui qui par son humanité a habité (eskēnōsen) parmi nous comme dans un tabernacle (Jean 1.14 ; Hébreux 10.20 ; Jean 2.19).
  2. De l’Église, hors de laquelle il n’y a pas de salut (Apocalypse 11.2), qui est le tabernacle de Dieu en l’Esprit (Éphésiens 2.22) et la maison du Dieu vivant (1 Timothée 3.15).
  3. Des croyants, qui portent avec eux le tabernacle terrestre du corps fait de mains d’homme, qui se dissout par degrés (2 Corinthiens 5.1 ; 2 Pierre 1.14). Ils sont le temple de Dieu (1 Corinthiens 3.16 ; 6.19) en qui Christ habite par la foi (Éphésiens 3.17).
  4. Du ciel et de la gloire (Apocalypse 11.19 ; 21.3, 22).

Son unité signifie l’unité à la fois de Christ, la tête, et de son corps mystique ou Église. Sa division en sanctuaire, lieu saint et double parvis peut représenter chez Christ le corps (répondant au parvis), l’âme (répondant au lieu saint) et la divinité (répondant au sanctuaire) ; dans l’Église, elle peut représenter ses trois conditions : l’Église visible, où les hypocrites peuvent entrer (le parvis) ; l’Église invisible des élus encore sur terre, où seuls les croyants sont admis pour rendre un service raisonnable (le lieu saint) ; et l’Église des saints en haut, admis dans le ciel comme sanctuaire de Dieu (le saint des saints).

La structure du tabernacle, jointe par des bandes et des attaches, figurait le corps de l’Église convenablement joint (synarmologoumenon) et compact (symbibazomenon) à partir de Christ la tête et des croyants, ses membres (Éphésiens 4.16). Le changement du tabernacle en temple désignait la forme muable de la police juive, d’abord mobile dans le désert, puis obtenant le repos sous Salomon. Le temple, bien qu’analogue au tabernacle, le surpassait de loin en stabilité, splendeur et grandeur.

Arche de l’alliance

L’arche de l’alliance (contenant les tables de la loi, avec un propitiatoire d’or couvert par les chérubins) signifiait :

  • Christ, sur qui Dieu a érigé le trône de la grâce (Hébreux 4.16) ; en qui il se manifeste comme réconcilié avec nous ; qu’il a exposé comme propitiation pour nous dans son sang (Romains 3.25) ; en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance (Colossiens 2.3) et les tables de la loi déposées (Psaume 40.8) ; en qui se trouve l’oracle (logion) de Dieu parce que, comme Parole (Logos) du Père, il révèle sa volonté ; vers qui les anges se penchent (parakyptousi) pour contempler sa gloire (1 Pierre 1.12).
  • L’Église, dans laquelle Dieu a établi son trône et voulu que les tables sacrées soient conservées ; où il se montre présent par la grâce et apaisé en Christ.

Le double autel

Le double autel (des holocaustes et de l’encens) représentait les deux parties de l’office sacerdotal de Christ : la satisfaction, dans l’offrande de son corps et l’effusion de son sang (état d’humiliation) ; et son intercession au ciel (état d’exaltation), adumbrée par l’encens brûlé sur l’autel (Apocalypse 8.3). Le passage se faisait de l’un à l’autre : sur l’autel d’airain, le sacrifice devait d’abord être offert avant que l’encens ne pût l’être ; ainsi la satisfaction doit précéder l’intercession, car sans satisfaction toute prière est inutile.

La table, le chandelier, l’autel de l’encens

Dans le lieu saint, on voyait particulièrement trois choses : la table des pains de proposition ; le chandelier ; et l’autel de l’encens. À cela correspondent dans l’Église : la lumière de la parole par laquelle il nous éclaire ; le pain de vie dont il nous nourrit ; et le culte sacré qu’il exige de nous par l’offrande des prières. La lumière de la foi brille sur le chandelier ; la vie de l’espérance est nourrie à la table ; et le feu de l’amour est alimenté par l’autel.

Le bassin d’airain

Le bassin d’airain, dans lequel les prêtres devaient se laver les mains et les pieds avant d’approcher de l’autel, était un signe de la purification spéciale requise chez ceux qui s’approchent de Dieu. Ainsi, il était évident que nul ne peut s’engager dans le culte de Dieu sans avoir été purifié de la culpabilité des péchés par la foi en Christ (Jean 13.8 ; Hébreux 10.22).

Temps sacrés, le sacrifice continuel

Enfin, les temps sacrés sont ceux où les bénédictions de Dieu sont publiquement célébrées. À ceux-ci appartiennent :

  1. Le sacrifice continuel, offert chaque jour (matin et soir), signifiant à la fois la puissance éternelle du sacrifice de Christ et les prières quotidiennes des pieux.
  2. Les festivals de trois sortes : hebdomadaires, mensuels et annuels. L’hebdomadaire était le Sabbat, pour nous rappeler la création et Christ nous rachetant. Les mensuels étaient les « nouvelles lunes », enseignant que tous les changements sont sanctifiés par Christ.

Les festivals annuels les plus solennels étaient la Pâque, la Pentecôte et la fête des Tabernacles. La Pâque adombrait la libération d’Égypte et celle de l’enfer par l’immolation de Christ (1 Corinthiens 5.7). La Pentecôte adombrait la mission du Saint-Esprit et l’écriture de la loi sur les cœurs (Jérémie 31.33). La fête des Tabernacles indiquait l’errance de l’homme pieux à travers ce monde désert vers sa patrie céleste.

Les fêtes revenant après un intervalle d’années étaient l’année sabbatique (tous les sept ans) et le Jubilé (tous les cinquante ans). C’est un symbole du Jubilé évangélique promulgué par Christ : toutes nos dettes spirituelles sont remises, la liberté nous est rendue et les biens perdus par Adam sont restaurés. En un mot, une délivrance totale de tous les maux et un repos éternel sous Christ sont accordés.

Que ces choses soient dites en passant concernant les cérémonies et leur usage typique. En discuter pleinement dépasserait notre cadre, relevant davantage de la théologie didactique que de la théologie elenctique.

Étienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

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