Du passe sanitaire
22 juillet 2021

Cet article s’inscrit dans la suite du discours du président de la République du 12 juillet, dans lequel il a annoncé la mise en place de sanctions et interdictions particulièrement contraignantes à l’égard de toute personne non vaccinée contre la Covid. Cet article a plusieurs objectifs :

  • Exprimer une « position chrétienne » souvent recherchée à l’intérieur de l’Église pour traiter des sujets de société.
  • Mettre en application les principes de théologie politique déjà étudiés auparavant.
  • Définir et clarifier quelles sont les limites de l’Église sur cette question, afin que nous puissions tous mieux obéir à Dieu et l’honorer.

Des vaccins

Étant donné que ces restrictions portent sur les personnes non vaccinées, dans le contexte de la pandémie de coronavirus, je suis obligé de cartographier d’abord les positions possibles pour un chrétien au sujet d’un vaccin. Il est à noter que nous n’avons pas de consensus parmi les auteurs de ce site sur ce sujet, je ne présente donc que mon opinion.

Je pense que dans l’Église, la question du vaccin doit absolument être traitée selon le régime des adiaphora, des choses indifférentes moralement. Il n’y a donc selon moi pas de nécessité d’imposer une position particulière – adhésion ou rejet – quant à la pratique de se vacciner des vaccins contre la covid. Je ne parle pas ici des autres vaccins, qui doivent être traités à part.

Certains – le pape en premier – ont avancé que se vacciner contre la covid était une application correcte et nécessaire du sixième commandement Tu ne tueras pas : le sixième commandement nous prescrit de préserver la vie, et le vaccin contre la covid préserve la vie. Donc nous devons nous faire vacciner. Un tel syllogisme fait du vaccin une obligation morale.

Comme je l’avais exposé dans cette vulgarisation de Hooker, il y a trois sortes d’actes bons :

  1. Ceux qui sont absolument indifférents d’un point de vue éthique, comme le choix de vos chaussettes. Pour ceux-ci, la consultation de notre raison suffit.
  2. Les choses qui sont absolument nécessaires à notre salut, et pour lesquelles il ne faut rien consulter d’autre que les Écritures.
  3. Les choses qui ne mettent pas en danger notre salut, mais qui ont quand même un enjeu éthique. C’est le cas de la vaccination contre la covid. Pour celles-ci, nous écoutons l’Écriture et la Raison.

Or l’Écriture ne nous dit rien d’autre sur le sujet qu’une vague consigne de préservation de la vie, tel qu’elle est exprimée dans le sixième commandement. Il n’y a même pas de prescription d’avoir une politique sanitaire particulière. C’est donc principalement à la raison que nous allons avoir recours.

L’erreur de ceux qui font de la vaccination contre la covid une application du sixième commandement est d’imposer un faux dilemme : le vaccin n’est pas le seul outil pour lutter contre la pandémie. Le professeur McCullough estime que la méthode de lutte la plus efficace consiste dans l’ordre d’efficacité à :

  1. Traiter les personnes malades chez elles.
  2. Les traiter à l’hôpital.
  3. Mettre en quarantaine les malades.
  4. Vacciner les personnes à haut risque (surtout les personnes âgées et/ou ayant des comorbidités).
  5. Confiner toute la population.
  6. Vacciner les personnes à faible risque (surtout les personnes relativement jeunes).

Ces deux dernières politiques sont donc les moins efficaces, et ce sont pourtant celles que l’on veut imposer le plus férocement. Mais pour en rester à notre sujet, le dilemme proposé autour du sixième commandement admet en fait les six actions suivantes, et non seulement la dernière. Le raisonnement est donc sans effet.

Je n’ai pas vu d’arguments proposant que se vacciner contre la covid fût essentiellement mauvais. À titre personnel, je suis l’avis présenté ci-dessus : l’effort devrait porter sur les soins aux infectés et la quarantaine des malades. La vaccination des personnes âgées et à risque devrait être laissée à leur propre appréciation, elle apparaît défendable. Pour les personnes ayant un faible risque, il me semble qu’il y a autant de risques d’effets secondaires que de risque d’attraper la covid, sans compter que ce vaccin est comparable au vaccin contre la grippe et non contre la variole : il n’est plus question d’éradiquer la maladie, mais de l’atténuer.

Cependant, et c’est l’essentiel de mon avis, je suis prêt à réviser mon jugement : le fait est qu’en réalité, les données sont encore mitigées et non décisives. À cause du neuvième commandement (Tu ne porteras pas de faux témoignages) nous devrions donc nous abstenir de toute assurance déplacée. D’où ce que je soutenais : la question des vaccins devrait pour l’instant rester un adiaphoron, et non une certitude comme au Vatican.

L’irrationalité du passe sanitaire

La politique est un art, ce qui signifie qu’elle gère l’inconnu et l’incertain, et la complexité confuse du monde. Je reconnais donc qu’il n’y a pas de politique sanitaire « évidente » dans le cas de la covid : chaque pays bricole comme il peut, et nous apprenons des succès et erreurs de tous. Cependant, je suis contre les mesures annoncées par le président de la République le 12 juillet dernier, parce qu’elles sont irrationnelles et surtout parce qu’elles enfreignent la loi naturelle.

Elles sont irrationnelles : les lois des nations ne sont pas totalement libres, elles ont un lien métaphysique avec la loi de Dieu. Les lois de la République sont bonnes si elles sont soumises à la « loi de la raison ». C’est ce que nous enseigne Richard Hooker, le philosophe réformé. Comme il le défendait dans ses débats avec les puritains, il faut obéir aux lois du magistrat non parce qu’elles viennent du magistrat, mais parce qu’elles sont les plus rationnelles.

Je ne défends pas que la raison soit un magistère détenu uniquement par le président de la République (quoique certains de ses ministres en soient persuadés). Ce qui est rationnel ne peut pas être déterminé par un jugement individuel, mais collectif. Ainsi que le dit Hooker :

En effet, est rationnel ce que tous les humains peuvent percevoir. Il nous faut donc consulter largement et émettre un jugement collectif.

Laws of Ecclesiastical Polity I.8.3

La pertinence d’une politique sanitaire ne devrait pas non plus être soumise à référendum, mais au jugement éclairé de ceux qui sont compétents :

La complexité des affaires humaines est telle que des hommes aux capacités communes et au jugement ordinaire seraient incapables (comment le seraient-ils d’ailleurs ?) de discerner quelle est la meilleure conduite pour chaque question.

Ibid 1.10.7

Or, et c’est l’essentiel, il n’y a pas de raison encore de penser que la vaccination soit parfaitement efficace. Comme le fait remarquer Carole Chassagne, de l’IHU Méditerrannée, des pays au fort taux de vaccination ont des évolutions de l’épidémie qui diffèrent de façon étrange : chez certains pays, c’est à la baisse, chez d’autres c’est à la hausse (et notamment en Angleterre et Israël qui ont été les bons élèves de la vaccination de masse). L’épidémie ne semble pas suivre le taux de vaccination. Quant à la contrainte collective, elle est encore sujette à discussion : il n’y a pas de lien clair entre confinement et frein à l’épidemie : l’épidémie a suivi un trajet indépendant des mesures de confinement généraux.

Dès lors, j’ai le raisonnement collectif des scientifiques qui ne soutient pas le jugement individuel du président de la République. Je peux donc dire que c’est une décision irrationnelle, et donc sans autorité.

L’innaturalité du pass sanitaire

Mais même si le pass sanitaire était rationnel, il serait immoral parce qu’il enfreint la loi naturelle. Nous le tirons de la cause finale même de la Politique que donne Johannes Althusius, juriste réformé, et qui est aussi celle de Hooker et toute la tradition protestante.

Aucun homme n’est capable de vivre bien et heureux par lui-même. La nécessité induit donc l’association ; et le manque de choses nécessaires pour la vie, qui sont acquises et communiquées à l’aide et au moyen des autres associés, la conserve. Pour cette raison il est évident que la communauté, ou la société civile existe par nature, et que l’homme est par nature un animal civil qui recherche abondamment à s’associer.

Johannes Althusius, Politica

Pour pouvoir nous nourrir, avoir des vêtements, des services, on s’organise entre nous. Pour des choses plus complexes et plus ambitieuses, on fait une plus grosse organisation, plus complexe, qui fait venir à l’existence et maintient des fournitures de bien et de services plus amples. La politique est l’art de gérer cette organisation.

Or, que fait-on lorsque l’on interdit à des membres de la société d’avoir accès à des biens et des services de cette même société ? L’existence des hommes politiques vient du fait que nous avions besoin d’une organisation pour pouvoir faire venir à l’existence et maintenir les centres commerciaux et lieux de culture, les lieux de soins. D’où leur viendrait ce pouvoir d’interdire l’accès à ces lieux ? Auraient-ils le pouvoir de supprimer de la société ceux qu’ils veulent ? Le raisonnement est le suivant :

  1. Ce qui est conséquent et émanent d’un organe plus grand n’a pas de pouvoir sur l’essence et l’étendue de cet organe. Par exemple, ce n’est pas à l’élu de choisir ses électeurs, c’est plutôt l’inverse.
  2. Or la société précède et fait procéder les hommes politiques. Ils existent de façon conséquente à la société et en émanent.
  3. Donc les hommes politiques n’ont pas le droit de censurer et définir autrement la société, en la restreignant à ceux qui sont vaccinés.

En agissant à l’inverse, le gouvernement s’arroge des droits qui ne lui appartiennent pas, même dans les principes les plus abstraits. Il s’affranchit de la loi naturelle. Sa décision est donc innaturelle et sans objet.

Foires aux objections

Objection : Il existe déjà des obligations vaccinales, avec parfois l’interdiction d’accéder à certains organes de la société (comme les écoles ou les professions de soins). Ces interdictions ne sont donc pas sans précédents légitimes.
Réponse : L’homme politique a le devoir de gérer l’organisation d’une nation, et pour sauvegarder cette société, doit parfois restreindre les libertés naturelles dans des cas particuliers. Mais ces restrictions doivent avoir les caractéristiques suivantes :

  1. Elles ne doivent exister que pour mieux assurer encore la mission des organes de la société. Ainsi, il y a une obligation spéciale de vaccination pour les soignants parce que c’est ainsi qu’ils peuvent encore mieux assurer leur mission de lutte contre les maladies.
  2. Elles doivent être rationnelles : c’est-à-dire, correspondre à un besoin réel, être proportionnelles au problème, et viser la fin que doit atteindre l’organe sur lequel porte l’obligation. C’est ainsi que l’obligation des vaccins pour être inscrit à l’école est rationnelle, dans la mesure où elle correspond au besoin de lutter contre des maladies infantiles réellement dangereuses, qu’elles sont une mesure proportionnée au problème, et qu’elles permettent à l’école de bien fonctionner sans être un lieu d’épidémie à fermer.

Or le passe sanitaire ne remplit pas ces critères :

  • Il ne permet pas de mieux faire fonctionner la société : les restaurants vont ils mieux tourner si l’on restreint l’accès aux vaccinés ? Les lieux de culture sont-ils vraiment empêchés de fonctionner à cause de l’épidémie ? Est-il nécessaire d’interdire les hôpitaux aux non vaccinés pour que les hôpitaux soignent mieux ?
  • Il est irrationnel, parce qu’il ne correspond pas à un besoin réel ; il est disproportionné et n’atteint pas la fin qu’il se donne.
    • Il ne correspond pas à un besoin réel, et il n’atteint pas sa fin : ce dont nous avons réellement besoin, c’est de restreindre temporairement les déplacements des personnes malades. C’est ce que dit McCullough et ses collègues au sujet des contraintes légales. Or ce passe restreint durablement les déplacements des personnes saines, mais non vaccinées tout en permettant celui des personnes infectées, mais vaccinées.
    • Il est disproportionné : d’après le secrétaire d’État aux transports, on se contamine très peu dans les transports (source). Et pourtant le passe sanitaire va être obligatoire dans les transports longues distances. Il semble faire consensus que les contaminations à l’extérieur sont exceptionnelles. Et pourtant les terrasses de café sont interdites. La covid est une maladie très peu mortelle, et pourtant l’on va interdire l’accès à des surfaces commerciales dont nous tirons notre subsistance. On pourrait multiplier ce genre de contradictions et d’excès.

Je rejette donc cette comparaison.

Objection : Ainsi que vous l’avez vous-même défendu, en matière de restriction, le magistrat a en principe le pouvoir de mettre les restrictions qu’il veut. La tâche du chrétien, en obéissance à Romains 13 et au cinquième commandement, est de se soumettre au magistrat sans reguimber.
Réponse : C’est plus complexe que cela, comme nous l’avons aussi défendu. Le pouvoir du magistrat n’est pas absolu, mais lui-même soumis à la loi des nations, qui est soumise à la loi de la raison, elle-même soumise à la loi naturelle. Le cinquième commandement n’exige pas seulement que nous obéissions et respections les autorités, mais aussi que les autorités soient respectables à l’égard des gens ordinaires et qu’elles obéissent et respectent elle-même le roi des rois qui leur est infiniment supérieur. Le point essentiel est donc que nous ne défendions pas une soumission aveugle, mais rationnelle à l’égard du magistrat. Et nos pères réformés ont défini cette soumission rationnelle en inventant les bases de l’État de droit, et le principe même de constitution.

Or :

  • Il n’est pas clair que ce pass sanitaire soit conforme aux lois françaises : il est probable que le Conseil constitutionnel ait à statuer sur la constitutionnalité de cette loi.
  • De même, il semble être en contradiction avec les lois qui entourent l’Autorisation de mise sur le marché (AMM) exceptionnelle. C’est l’avis de maître Di Vizio, qui va porter la question devant les magistrats.
  • De plus, le Conseil d’État, un haut organe de justice de notre pays, a déjà rendu un avis sur les limites du pass sanitaire existant, et elles sont beaucoup plus restreintes que ce que ne permet le projet du gouvernement. Nous n’ignorons pas qu’il ait rendu un avis contraire depuis, mais : 1° ils disent eux-mêmes ne pas avoir eu le temps nécessaire pour faire un bon conseil. 2° Ils ne disent pas pourquoi ce qui était inacceptables la fois précédente l’était soudainement devenue, alors que les lois n’ont pas changé. 3° Il y a un conflit d’intérêt de la part d’un des rapporteurs, qui était candidat pour le parti présidentiel il y a seulement quelques semaines. Il n’y a donc pas de raisons évidentes de renverser le précédent arrêt par le suivant.

Donc je n’enfreins pas Romains 13 et le cinquième commandement en m’opposant au gouvernement : au contraire, je suis tout à fait en alignement avec la constitution de notre République, la loi française, mes pères et la foi chrétienne.

Objection : Un chrétien doit aimer la vérité et la paix, et pour cette raison ne pas être complotiste comme tu l’es.
Réponse : La vertu ne consiste pas dans l’adhésion à des doctrines (fussent-elles des doctrines de politique sanitaire) mais à des bonnes habitudes dans la façon de faire nos raisonnement. Je n’ai rien d’autre à faire pour prouver mon bon raisonnement que de vous inviter à relire mon article.

Du rôle de l’Église sur cette question

Je dois cependant conclure sur le rôle que doit tenir l’Église en général, et des pasteurs en particulier sur ces questions. Comment devrions-nous appliquer nos convictions sur cette question?

  • C’est une question civile et politique qui est du domaine du magistrat, assisté de ses conseillers techniques. Il n’est donc pas souhaitable que les pasteurs et théologiens invoquent l’autorité de la parole de Dieu dans un sens ou l’autre, sauf dans les domaines où c’est vraiment pertinent. C’est ce que j’ai essayé de faire ici, citant les scientifiques sur les questions scientifiques, les juristes sur les questions de droit, et n’ayant recours à la théologie que sur les questions morales et métaphysiques de haut niveau.
  • Il n’y a rien de plus urgent pour les pasteurs et les assemblées que d’accomplir leurs cultes et leurs activités comme avant, sans se perdre dans des délires de « voix prophétiques ». Nous avons besoin de la grâce de Dieu transmise par les sacrements et la droite prédication, pas que l’Église devienne un collectif d’agitateurs. Nous avons besoin de l’unité de l’Église universelle, pas qu’elle « prenne parti » pour une guerre qui finira mal.
  • Il est permis et même désirable que les chrétiens se fassent une conviction sur les sujets sanitaires et de politique sanitaire, et même qu’ils s’organisent pour joindre d’autres citoyens sur ces questions. Nous ne devons pas nous interdire de réfléchir et parler comme un chrétien, mais nous devons simplement nous garder de lier l’autorité du nom de Dieu à une position faillible dans une querelle confuse. Dans cet article,je n’ai pas suspendu mon christianisme, mais c’est bien plutôt à cause de ma foi que j’ai été guidé vers les conclusions que j’ai partagées. Néanmoins, j’accepte dès maintenant que l’on diffère de moi sans que cela ne remette en cause la maturité spirituelle de mon frère. C’est sur l’argumentation que nous distinguerons, et non sur la foi.
  • Ne soyez pas des poissons morts, portés par le courant. Soyez vivants et intercédez pour notre nation, de toute notre force. Lisez les psaumes et voyez combien ils sont remplis de requêtes d’intervention politique à l’attention de Dieu. Suivez l’exemple du psalmiste.

Illustration : ex-voto représentant le grand lazaret de la grande peste de Vienne en 1679.

Étienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

9 Commentaires

  1. Romuald

    Merci beaucoup pour cette analyse. Solidement étayée et sage.
    Pour moi, de loin la meilleure que j’ai lu dans le milieu chrétien. Je trouve scandaleux les prises de position en faveur de la vaccination, comme véhiculé par des blogs comme Evangile 21 (https://evangile21.thegospelcoalition.org/article/les-vaccins-et-la-vision-du-monde-chretienne-principes-pour-la-pensee-chretienne-dans-le-contexte-de-la-covid/) ou encore Science et foi (https://www.scienceetfoi.com/ressources/un-chretien-devrait-il-se-faire-vacciner/).
    Autant je ne suis pas trop étonné par Science et Foi, pour qui la science me semble prendre le dessus sur la foi, mais par contre vraiment décu par Evangile 21 qui relaie les propos « lobbyistes » d’A. Molher. Lequel nous dit-on est « est président de la Southern Baptist Theological Seminary – l’école phare de la Southern Baptist Convention et l’une des plus grandes écoles de théologie dans le monde. »
    Alors même qu’O. Véran, lui-même déclarait en mars l ‘insuffisance du vaccin, à la fois dans la protection et la transmission (https://www.europe1.fr/sante/un-octogenaire-demande-au-conseil-detat-a-etre-deconfine-apres-avoir-ete-vaccine-4034911), prôner la vaccination – notamment aux jeunes – me paraît d’une gravité absolue.
    Je pense qu’il s’ agit la plupart du temps, d’un zèle coupable. Comme pour dire « vous voyez on est pour le progrès !! ».
    Triste et regrettable.

    Réponse
    • Etienne Omnès

      Merci^^

      J’espère après que la qualité que tu y reconnais ne dépend pas de la position particulière que je prend dans cet article^^.

      Que le Seigneur te bénisse

      Réponse
  2. Pepscafe

    Bonjour Etienne,

    L’article présente quelques éléments intéressants sur le sujet annoncé en titre [« du passe sanitaire »], dont l’écriture se justifie par l’actualité (cf annonce du président de la République de la mise en place de sanctions et interdictions particulièrement contraignantes à l’égard de toute personne non vaccinée contre la Covid).

    Effectivement, il est légitime de souligner en quoi son instauration est problématique, comme tu tentes de le faire dans ton article [la Défenseure des droits dit aussi pourquoi cf https://defenseurdesdroits.fr/fr/communique-de-presse/2021/07/extension-du-passe-sanitaire-les-10-points-dalerte-de-la-defenseure-des ].
    Malheureusement, celui-ci s’avère problématique au final, étant gâté par une certaine position (et une seule) mise en valeur au passage sur les vaccins et la vaccination en général (particulièrement orientée), comme sur certains points affirmés sur le plan théologique et bibliques, qui m’ont paru particulièrement légers et manquant de vue d’ensemble. Autant de défauts qui nuisent à l’objectif affiché.

    Je m’explique. Désolé d’avance pour la longueur., et merci d’avance pour ta lecture attentive.

    Déjà le fait d’affirmer que « que dans l’Église, la question du vaccin doit absolument être traitée selon le régime des adiaphora, des choses indifférentes moralement ».
    Pourquoi le vouloir « absolument » ? Cette volonté d’absolu plaidant pour une non-position de l’Eglise sur cette question, alors que les antivaccins ne se taisent pas, eux (y compris en abreuvant les chrétiens de niouzeletters propres à désinformer, nourrissant le scepticisme, la défiance et le cynique), est d’ailleurs contredite dans l’affirmation suivante, classant parmi les actes bons « les choses qui ne mettent pas en danger notre salut, mais qui ont quand même un enjeu éthique [on est loin des choses indifférentes quant au choix des chaussettes ou des glaces, ou quant à prendre la cène d’une ou des deux mains ou à genoux] . C’est [effectivement] le cas de la vaccination contre la covid ». Mais aussi, rajouterai-je, de la vaccination tout court, puisqu’il n’y a pas lieu de séparer les choses, comme tu le fais artificiellement.

    Certes, il est parfois difficile de faire la différence entre « adiaphora » et choses essentielles. Mais on peut dire que pour le siècle de la Réforme, il était considéré que les questions éthiques n’appartiennent pas automatiquement aux « adiaphora ». II y a des questions de rites et de pratiques qui sont en effet des « adiaphora », mais il y a d’autres questions de la vie chrétienne qui ne le sont pas. Ainsi on peut lire dans le Catéchisme de Heidelberg, question 85, qu’il faut [carrément !] exclure de la communion « ceux qui sous couvert du nom de chrétiens enseignent ou se conduisent d’une manière qui n’est pas chrétienne et qui en dépit de plusieurs avertissements fraternels ne renoncent pas à leurs erreurs ou à leurs vices ».

    Cette importance des questions éthiques sera soulignée davantage ce qui est pour nous aujourd’hui « le siècle dernier », puisque certains textes théologiques avancent même la notion d’une « hérésie éthique » qui représenterait un « status confessionis », soit une situation où le centre du message chrétien est en danger. Un exemple important est l’antisémitisme du III Reich, une situation dans laquelle les protestants de l’époque parlait du « status confessionis », notamment en ce qui concerne le comportement des chrétiens vis-à vis des juifs et le problème de l’idéologie au sein des « chrétiens allemands ». Cet exemple (parmi d’autres) montre que la différence entre les « adiaphora » et les données fondamentales n’est pas facile à établir. Autre cas, la question de la bénédiction des couples du même sexe, où les adeptes comme les opposants d’une telle solution pourraient dire qu’il s’agit d’une question essentielle.
    C’est ainsi que la réflexion sur les notions des « adiaphora », du « status confessionis » et de « l’hérésie éthique » ne saurait nous conduire à une relativisation de l’importance des questions éthiques ; elle semble au contraire indiquer que ces questions peuvent tout-à-fait avoir une importance essentielle pour les chrétiens, dans un cadre ecclésial.

    De là, je te l’avoue, une certaine gêne à la lecture d’ensemble de ton article et notamment à la lecture de ce « Il n’y a donc selon moi pas de nécessité d’imposer une position particulière – adhésion ou rejet – quant à la pratique de se vacciner des vaccins contre la covid ».
    Que dire alors – théologiquement et bibliquement – de ceux qui disent à leur pasteur qu’ils ne veulent pas se faire vacciner « parce qu’ils ne veulent pas se mettre une puce » ou parce qu’ils croient que « la marque de la bête » serait liée au vaccin anti-covid ? Que penser desdits pasteurs qui resteraient silencieux dans ce cas, se contenant de « faire le culte », quand ceux qui distillent ce genre d’idées ne se taisent pas, eux ?

    Cette affirmation « de l’absence de nécessité d’imposer une position particulière – adhésion ou rejet- quant à la vaccination contre la covid » me paraît bien illusoire, vu que c’est la deuxième position (le rejet) qui transpire de ton argumentaire, lequel se veut « exprimer », au-delà d’une simple opinion, une position dite « chrétienne », « souvent recherchée à l’intérieur de l’Église pour traiter des sujets de société », etc….

    En témoigne la position des « experts » convoqués en appui dudit argumentaire [« les scientifiques sur les questions scientifiques, les juristes sur les questions de droit… »] : ainsi, Peter A. McCullough, professeur de médecine, et cardiologue américain [sur lequel tu t’appuies pour dire ce qui serait efficace ou pas efficace en matière de lutte contre le virus]….en aucun cas virologue ou épidémiologiste. Ce qui ne l’empêche pas de tenir des propos jugés controversés et erronés, par les spécialistes, sur le SARS-CoV-2 et la Covid-19, et la vaccination, tout en faisant la promotion de l’hydroxychloroquine [aux sérieux effets secondaires qu’il convient de souligner cf https://fr.wikipedia.org/wiki/Hydroxychloroquine#Toxicit%C3%A9_oculaire – et considéré officiellement par l’OMS – qui déconseille cette thérapeutique – comme ayant peu ou pas d’effet sur l’état de santé des patients hospitalisés pour Covid-19] dans la vidéo que tu cites https://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_A._McCullough

    Ensuite, il y a Maître Di Vizio, avocat médiatique de Didier Raoult, qui se veut la voix des antivaccins et pour qui « Emmanuel Macron (aurait) déclaré solennellement la guerre à la France ».
    https://www.ladepeche.fr/2021/07/17/contre-la-vaccination-et-la-dictature-sanitaire-114-000-manifestants-en-france-9677900.php et https://www.la-croix.com/France/Quelques-milliers-personnes-contre-vaccination-pass-sanitaire-2021-07-17-1201166748

    Il y a, comme qui dirait, un choix très orienté (et donc limité) d’ « experts », révélateur d’un certain biais, alors que l’on aurait pu s’attendre à une vision plus globale de ce qui fait consensus parmi les spécialistes dans ce domaine (pour rappel, un pharmacien, un urgentiste, un anesthésiste ou un cardiologue ne sont pas des spécialistes du domaine).
    Effectivement, comme tu dis, nous n’avons pas besoin que l’Église devienne « un collectif d’agitateurs »/soutenant des agitateurs antivaccins, qui, eux, ne se privent pas d’affirmer des choses avec une autorité qui frise la prétention à l’infaillibilité de leurs opinions peu fiables dans ce qui n’est pas « une querelle confuse ».
    C’est simplement qu’il convient d’informer sérieusement sur ces sujets, en évitant de transformer (ou de soutenir ceux qui transforment) en polémique ce qui est de l’ordre de la controverse scientifique, c’est-à-dire un état de la science qui progresse en étant débattu entre pairs et pas devant les tribunaux.

    Ainsi, vu les circonstances entourant ce virus, si nous considérons que nous n’avons pas à dire aux gens s’ils doivent se faire vacciner ou pas (pas plus qu’on doit leur dire du haut de la chaire pour qui voter ou pas), estimant qu’ils sont libres de leur décision, nous avons un devoir de dé-diaboliser le vaccin et d’informer le plus justement et le plus exactement possible au sujet des vaccins et de la vaccination. Ce que je n’ai pas clairement vu dans ton article.
    Ainsi, il serait bien de rappeler, de temps en temps, que se faire vacciner, c’est accepter que soit injectée en nous une micro-dose de la maladie afin que notre corps puisse y réagir. Notre système immunitaire communique l’information partout, comme quoi désormais, nous aurons les moyens de résister à la maladie, si elle venait vraiment nous attaquer. Tout notre être a les codes secrets pour la contre-attaque.

    A lire, sur ce sujet (« comment les pasteurs devraient-ils parler de la vaccination) plusieurs points de pasteurs américains (en attendant les français) sur https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2021/06/19/comment-exercer-sa-responsabilite-pastorale-face-a-la-question-du-vaccin-contre-la-covid-19/

    Voir aussi cette prise de position intelligente de la part de Jérôme Martin, de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament.
    sur https://www.bastamag.net/pass-sanitaire-obligation-vaccinale-tests-PCR-payants-annonces-Macron-aucune-pedagogie-Jerome-Martin, expliquant notamment que le choix du gouvernement « part peut-être d’un jugement moral des autorités selon lequel les personnes non vaccinées devraient être punies, mais du point de vue de la santé publique, les personnes qui sont le plus exposées au virus seront finalement celles qui auront le moins facilement accès à un test PCR », tout en soulignant qu’il « existe des facteurs sociaux qui sont des freins à la vaccination, y compris dans la volonté ou pas de se faire vacciner ; car l’accès à l’information est aussi inégalement réparti ». Et de plaider pour plus de pédagogie [« pourquoi il faut vacciner, comment ça fonctionne », rassurer sur ce qu’est l’ARN messager, répondre aux préoccupations légitimes des personnes..]. « La pédagogie prend certes du temps, mais c’est bien plus efficace ». Là encore, je n’ai pas vu ce souci dans ton article.

    Ensuite, je relève la faiblesse de ta partie sur la préservation de la vie, avec ta dénonciation de la position du pape François comme étant « un syllogisme » faisant de l’obligation vaccinale comme « obligation morale »….
    Tu estimes que pour « les choses qui ne mettent pas en danger notre salut, mais qui ont quand même un enjeu éthique » (cf cas de la vaccination contre la covid), nous devrions écouter « l’Écriture et la Raison ». Sauf que selon toi, manque de bol, « l’Écriture ne nous (dirait) rien d’autre sur le sujet qu’une vague consigne (sic) de préservation de la vie, tel qu’elle est exprimée dans le sixième commandement. Il n’y (aurait) même pas de prescription d’avoir une politique sanitaire particulière » (sic).
    Sérieux ? Cela ne ressemble pas trop à Dieu, vu que dans le texte biblique, Il se présente Lui-même comme « le Seigneur qui te guérit » (Ex.15v26). Mais quel besoin Dieu a-t-il de préciser comme « Celui qui guérit » s’il a décidé de n’envoyer aucune maladie ? D’où l’idée que cette « médecine »-là de Dieu est à caractère préventive : le médecin a surtout un rôle d’éducateur et d’enseignant qui apprend aux autres comment prendre soin d’eux-mêmes et même comment prendre soin de l’être tout entier, corps, âme et esprit.

    Tu ne tiens pas non plus compte du fait que ce qui devrait nous préoccuper avant tout, en tant que chrétiens, est la loi de Dieu, qui est l’Evangile de Jésus Christ, laquelle nous inspire à considérer les choses, non « avec la raison » (= ce qui impliquerait de considérer les choses de manière psychique, sachant que l’âme = la raison, les émotions et la volonté) mais de manière spirituelle, avec foi, en considérant les enjeux posés comme étant des enjeux de vie ou de mort. Une telle préoccupation est celle de Dieu. En effet, selon lui, il est plus fondamental qu’un malade soit guéri (quel que soit le jour), qu’un possédé soit libéré, qu’un mort soit ressuscité, que des affamés puissent manger ou que l’étranger soit accueilli (voir l’Exode, le Deutéronome ou le livre de Ruth) et que la vie soit promue. Lui-même l’a vécu : il était en effet fondamental pour sa vie (et non selon des critères idéologiques/politiques) d’être accueilli dans un pays étranger, en tant que plus jeune réfugié de l’histoire.
    Ainsi, jusqu’où suis-je prêt à sacrifier ma « sacro-sainte » liberté pour une question de vie ou de mort, pour le bien, la santé et la vie de mon frère/mon prochain ?
    Ou dans quelle mesure sauver des vies est-il sacrifié sur l’autel de notre « sacro sainte liberté individuelle » ?

    Au final, je trouve que loin de refléter une position dite « chrétienne », « souvent recherchée à l’intérieur de l’Église pour traiter des sujets de société », et loin de « définir et clarifier quelles sont les limites de l’Église sur cette question, afin que nous puissions tous mieux obéir à Dieu et l’honorer », ton article me paraît plutôt refléter, à certains endroits, une manière d’être une caisse de résonance des positions antivaccins, telles qu’elles ont cours sur les réseaux @sociaux.

    Il serait pertinent de voir publier sur ce blogue d’autres positions plus argumentées et étayées théologiquement et bibliquement, distinctes de la tienne.

    En te remerciant pour ta lecture attentive,

    Bien fraternellement,
    Pep’s

    Réponse
    • Etienne Omnès

      Bonjour Pep’s,

      Merci pour ton retour et les efforts que tu y as mis. Je ne promets pas de faire aussi long, mais je ferais de mon mieux pour donner une réponse satisfaisante.

      1. Oui j’ai une position particulière, et je méprise la philosophie de lycée qui nous demande de faire thèse/antithèse/synthèse. Quand les anciens avaient une idée, ils ne s’embarrassaient pas d’objectivité ou d’équilibre. Ils se préoccupaient surtout d’avoir des syllogismes solides. Je suis leur exemple, et charge à d’autres de défendre une autre position, ce que tu fais fort bien.

      2. Il ne s’agit pas de neutraliser les pro-vaccins. En fait, il ne s’agit même pas tellement du vaccin, même si j’ai été obligé de l’aborder en préliminaire pour que la suite soit plus compréhensible (après tout, si le vaccin était vraiment et absolument la solution, alors le pass serait proportionné et atteindrait son but). L’essence de la conclusion était en gros de dire « pro ou anti, ne vous privez pas de réfléchir, mais ne liez pas l’autorité du nom de Dieu à une position faillible ». Je suis plus préoccupé par l’unité de l’Eglise que par sa pureté éthique.

      3. Le vaccin est une question politique et publique, qui est du domaine du magistrat. Je maintiens la distinction de Hooker, qui ne sort pas du chapeau: tout ce qui est éthique n’est pas forcément directement évangélique. L’Évangile n’est pas en jeu à chaque question éthique. Partant de là, je vois plus de marge pour la liberté chrétienne que tu n’en vois. Le pasteur est libre de dire au frère « 5G » qu’il délire, et le frère en question de le traiter de mouton: il n’y a pas besoin d’encouragement pour que ces choses se passent. Ce que je veux éviter, c’est qu’une position peu importe laquelle, devienne un critère de foi, ce qui diviserait inutilement l’Eglise.

      4. L’argument n’est pas « mes experts en ont une plus grosse que la vôtre ». Mon argument est simplement de dire que la question de la pertinence du vaccin (balance bénéfice risque, efficacité etc) est encore en discussion dans les journaux scientifiques, et que l’assurance absolue du gouvernement n’est pas soutenue par la solidité du consensus scientifique. L’essentiel pour moi n’est donc pas ce que dit tel ou tel expert, mais le fait que la discussion est *en cours* et que les données sont encore *provisoires*. La certitude des données n’est pas à la hauteur de la certitude des politiques.

      5. J’ai eu ce reproche sur les experts choisis assez souvent oui. Le problème, cependant, c’est que c’est un sophisme génétique: une chose n’est pas fausse parce que ca vient de la « mauvaise source », mais parce que son raisonnement est faux. Or je n’ai pas vu de raisonnement contre **ce qu’ils disent concrètement** dans les liens. Je n’ai même pas vu d’interaction avec ce qu’ils disent. Il a suffi de lire I. H. et ca y est l’avis était fait. Au vu de ce recours si rapide au sophisme génétique, il ne sert à rien de multiplier les noms et de faire « un panel plus large ». Ce que l’on attend de moi ici, ce n’est pas un panel d’experts plus large, mais que j’adhère une liste de source approuvées et uniquement les informations acceptées. Je refuse cette malhonnêteté.

      6. C’est même plus rigolo que ça: on rejette ma citation de l’IHU alors que justement je la cite comme source **contraire** à mon sentiment de méfiance (en deuxième citation)! Je cite Carole Chassagne **contre** toute certitude, la mienne en premier. Preuve que l’on ne lit même pas l’argument dans lequel la citation s’insère. On a réagi de façon épidermique et je refuse de m’y plier.

      7. Je n’ai pas les compétences ni la mission de faire cette « pédagogie ». Mon argument, encore une fois n’était pas de convaincre de ne pas se faire vacciner, mais de convaincre que c’était une chose indifférente moralement, en l’attente de données plus certaines (notamment sur les risques, qui sont très mal mesurés).

      8. Sur le devoir de préservation de la vie: ton commentaire sur le « Dieu qui guérit » etc ne fait qu’intensifier ce que je dis, il n’y a pas de différence entre nous dessus. Par « consigne vague » j’entends surtout que nous avons quartier libre pour imaginer tous les moyens possibles de préserver la vie, système hospitalier et politique sanitaire comprise. Il n’y a pas de « politique sanitaire biblique », mais toute politique sanitaire peut être acceptable bibliquement dans la mesure où elle préserve la vie. Pour arbitrer entre plusieurs politiques possibles, il faut donc nous rabattre sur notre saine raison, d’où le fait qu’ensuite je me concentre sur ce qui est rationnel.

      9. Je ne suis pas ta dichotomie entre raison et foi. La raison siège dans l’intellect, et la foi dans la volonté. Or l’organe de discernement de la vérité, les « yeux de l’Esprit », c’est l’intellect. La foi n’est que la confiance placée dans quelque chose de déjà discerné par l’intellect.

      10. Ces positions moins « anti » existent déjà dans le milieu chrétien (un autre commentaire sous cet article en signale deux) et j’ai précisé explicitement que je n’étais pas en guerre contre eux, sinon de façon superficielle.

      J’espère t’avoir donné une réponse acceptable,
      En Christ notre Sauveur,
      Etienne

      Réponse
  3. Pepscafe

    Cher Etienne, je te remercie pour ta réponse et pour avoir pris soin de me partager une réponse la plus acceptable possible.
    Mon retour à ce sujet sera encore long. Merci encore de ta patience et de ta lecture attentive. Il est essentiel que nous ne cessions jamais de dialoguer, en étant conscients que, puisque « tous frères », nous avons le même Père, mais aussi le même Seigneur et le même Esprit.

    « Oui », dis-tu, « j’ai une position particulière, et je méprise la philosophie de lycée qui nous demande de faire thèse/antithèse/synthèse. Quand les anciens avaient une idée, ils ne s’embarrassaient pas d’objectivité ou d’équilibre ».., etc…
    Ce plan auquel tu fais allusion, et qui te paraît illustrer cette « philosophie de lycée que tu méprises » est le fameux plan dialectique, souvent critiqué ou caricaturé. Selon Jacqueline Russ, docteur, non pas en médecine mais en philosophie, un tel plan bien compris, s’il ne saurait être la panacée et « le couteau suisse » pour toutes les situations, et s’il ne saurait encourager « les réponses de Normand », n’en demeure pas moins la structure fondamentale commandant la démarche et l’itinéraire philosophique. Il est aussi judicieux sous un triple point de vue rhétorique, logique et inventif. Et il y a bien sûr d’autres approches qu’elle expose dans « les méthodes en philosophie ». Armand Colin, 2008, ouvrage écrit à l’usage des étudiants préparant les examens ou concours d’entrée aux grandes écoles, ainsi que les étudiants en philo et sciences humaines.

    « Quand on a une idée », ancien ou pas, notre préoccupation devrait être moins de tenir à nos convictions pour privilégier la recherche de la vérité et nous en tenir au réel et au vrai, vu que Christ est la vérité. Tant mieux si nos convictions s’accordent avec elle. Mais si la vérité et la réalité contredisent une opinion, il nous faut changer cette opinion, sinon celle-ci demeure une idole à laquelle on sacrifie la vérité.
    Vu ta réponse, je crois bon de rappeler que l’objectivité est la qualité de celui qui décrit des faits avec exactitude et juge sans parti pris [le parti pris est « un péché », rappelle Jacq.2v1, 9]. Certes, il est difficile de l’être « à 100 % », mais nous nous devons avant tout d’être honnête (envers nous-même), équitable (envers les personnes), prudent (dans le jugement) et prendre en compte la diversité des points de vue, sachant que tout ne se vaut pas (cas d’erreurs/mensonges/mauvaise foi avérés).

    « ….si le vaccin était vraiment et absolument la solution, alors le pass serait proportionné et atteindrait son but ». Ton postulat de départ est mal posé : ce n’est pas parce que le pass sanitaire peut être jugé mal proportionné ou non pertinent, qu’il doit conduire de facto à décrédibiliser le vaccin comme solution pour arrêter l’épidémie. C’est là un raccourci trompeur et abusif. Je te renvois notamment à l’article de Basta cité précédemment sur le pass et l’impératif de pédagogie sanitaire.
    Alors, tu peux bien dire que tu n’as « pas les compétences ni la mission de faire cette pédagogie ». Sauf que tu ne te sens pas incompétent pour relayer les affirmations de gens manifestement non compétents/très peu fiables dans le domaine. Notons que ceux qui abreuvent les chrétiens de niouzeletters de désinformation, nourrissant le scepticisme, le cynique, la peur et la colère (inspirant l’individualisme et l’incivisme, voir les manières de frauder) ne se sentent pas incompétents pour faire « leur pédagogique » à eux, de nature à entraver les mesures de prévention sanitaire.
    Mais si nous ne nous sentons pas compétents (c’est excusable) pour faire une telle pédagogique de prévention/d’information sérieuse sur ce qu’est un vaccin, un ARN messager et comment marche la vaccination, il est déjà de notre devoir de dédiaboliser le vaccin et la vaccination, comme d’orienter vers des sources sérieuses d’information scientifiques compétentes dans le domaine. Dans tous les cas, il est essentiel de refuser de déformer en polémique ce qui est de l’ordre de la saine controverse scientifique entre pairs. Informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant. S’informer, c’est se donner les moyens de comprendre la complexité du monde réel dans lequel on vit. Pour cela, « la fabrique de l’info » doit parcourir un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il. Il convient aussi de se garder (comme de relayer) des citations tronquées/hors contexte abondamment relayées sur les réseaux @sociaux cf les propos attribués au ministre de la santé https://www.20minutes.fr/societe/3045211-20210519-coronavirus-gare-deux-citations-hors-contexte-olivier-veran-vaccination
    Ce que nous savons aujourd’hui : se faire vacciner permet de se protéger contre une forme grave du COVID après une infection et de présenter des symptômes très légers, voire aucun symptôme. Dans un second temps, s’il est vrai que les vaccins ne protègent pas à 100% contre une infection, ils réduisent les risques d’être infecté et de transmettre le virus à d’autres personnes. L’intérêt de la vaccination est donc de se protéger, de protéger les autres et de briser les chaînes de transmission. Un enjeu de vie, donc.
    Concernant les risques, ces derniers me paraissent bien mesurés, au contraire : Coût d’un vaccin Pfizer (par exemple) : 15,50 € contre le coût de 30 jours en réanimation : 90.000 € (et avec une surcharge de travail pour les soignants).

    « L’essence » de la conclusion était en gros de dire “pro ou anti, ne vous privez pas de réfléchir, mais ne liez pas l’autorité du nom de Dieu à une position faillible”.
    Paul dirait certainement un mot (cf 1 Cor 1) au sujet de ces étiquettes « pro » ou « anti » quelque chose [comme toute étiquette identitaire et restrictive], divisant l’Eglise. Sinon, « ne vous privez pas de réfléchir » : une bonne exhortation, mais toutefois insuffisante. Il convient en effet de prendre conscience de ce vers quoi notre attention est attirée, comme de prendre conscience de la qualité de notre environnement, dans lequel nous évoluons. Comme les poissons d’une fable moderne, nous oublions l’essentiel (« c’est quoi l’eau ? »), l’espace dans lequel nous sommes immergés nuit et jour, et dont nous subissons l’influence sans le savoir. En apparence, nous sommes libres de nos pensées, nous pouvons échanger des opinions et participer au débat public à l’instar des deux poissons de la fable qui se déplacent librement dans l’eau, leur espace public. Ils peuvent interagir avec d’autres poissons, opiner, exprimer leurs émotions, et même rejoindre les bancs de poissons de leur choix. Mais ils n’ont pas idée de ce qui les entoure. L’eau est-elle froide ou tiède? Claire ou trouble? Est-elle pure ou polluée? Agitée de vagues ou stagnante? En quoi ces états changeants affectent-ils la vie aquatique et leur humeur? Ils ne s’en soucient pas. Leur intelligence ne saisit pas le grand contexte dont dépendent la qualité de leurs échanges et de leur vie, l’écologie de leur univers émotionnel et mental. Il convient alors de nous réapproprier l’attention et de nous rappeler sans cesse que « c’est de l’eau, c’est de l’eau… », comme de réfléchir ensemble comment contribuer à la qualité de l’eau, plutôt que de servir de caisse de résonance des tapages médiatiques.

    Tu dis « Je suis plus préoccupé par l’unité de l’Eglise que par sa pureté éthique ».
    Je comprends très bien ce souci. J’imagine alors que tu es également plus préoccupé par l’unité de l’Eglise que (par toute prétention à)sa pureté théologique ? Considérant qu’une telle obsession dans ce domaine est susceptible de refuser abusivement la communion avec des frères et sœurs ? C’est pour cette raison que les Attestants, aux positions éthiques et théologiques claires et fortes, ont choisi, non pas de sortir/créer une énième dénomination/rejoindre les Evangéliques, mais de rester au sein de l’EPUDF (voir leur site attester.fr].
    Il importe de veiller qu’une telle affirmation de se dire « plus préoccupé par l’unité de l’Eglise que par sa pureté éthique » ne nous revienne pas comme un boomerang en pleine figure.

    Ton argument  » n’était pas de convaincre de ne pas se faire vacciner, mais de convaincre que c’était une chose indifférente moralement…. »
    Sur ce point, tu ne me convaincs malheureusement pas. La question de la vaccination est bien un enjeu éthique, d’une question de vie ou de mort. Il ne saurait être question de neutraliser (même si telle ne serait pas ton intention) une prise de position sérieuse de l’Eglise sur le sujet, surtout quand ceux qui pratiquent de la désinformation ne se taisent pas, et il ne saurait être question d’inciter à une relativisation de l’importance d’une telle question éthique, essentielle pour les chrétiens, dans un cadre ecclésial.
    Face à cette situation, que faire ? D’abord, une fois conscients que ce n’est pas une question indifférente, loin de là, en parler ouvertement, posément et respectueusement. On peut souffrir d’un manque d’unité autour de cette question, et on peut le regretter, mais il ne faut pas le taire.
    Il convient ensuite de décrire et d’analyser ensemble ces divergences, c’est-à-dire les formuler et en chercher les raisons à condition de jouer le jeu et de vouloir vraiment la vérité [j’ai essayé de parler à un groupe sur ce sujet dont clairement ce n’est pas la préoccupation]. De là lire ensemble toutes les Ecritures pour découvrir les principes et préoccupations divins, et mentionner tous les arguments qui sont importants pour les uns et pour les autres. Et s’attendre qu’un tel débat approfondi sur ces questions permette un nouveau consensus inattendu. Si tel est le cas, merci Seigneur et gloire à Dieu.
    Face à une différence constatée et non résolue, comment alors avancer ensemble ? Il convient alors d’endurer ce désaccord entre nous, en tout cas jusqu’à un certain
    point. L’histoire de l’Eglise nous montre de tels exemples où le désaccord a eu le caractère d’un « status confessionis », et la séparation semblait être inévitable.
    Mais une Eglise est aussi (normalement) capable (si on croit que Christ a abattu les murs de séparation cf Ephésiens, Colossiens…) de réunir des frères et sœurs ayant des points de vue différents sans leur coller des étiquettes sur le front. Si tel est le cas, il faut en parler ouvertement, entre nous et aussi publiquement.
    Il convient de décrire ouvertement le désaccord observé. Il faut se donner la peine d’aller au fond des choses (si nous le voulons vraiment) et de formuler les arguments des uns et des autres. Il est trop facile de prôner tout simplement « l’unité » ou « la diversité », sans expliquer pourquoi et en en vertu de quel argument un consensus ne semble pas possible à l’heure actuelle.
    Il me paraît enfin bien plus utile pour tout le monde de lire une telle description honnête (je souligne) d’un désaccord que de lire simplement l’affirmation que l’Eglise ne souhaite pas prendre position (surtout quand ceux qui diffusent leur position anti-vaccin et anti-mesures sanitaires ne se taisent pas), tout en formulant, malgré ce désaccord, des recommandations communes [par ex, recommander de faire un jeûne ou une cure de réseaux @sociaux et de niouzeletters alimentant le scepticisme, le cynisme, la colère, la peur, la révolte, l’indiscipline, l’individualisme et l’incivisme…]. Sur ce plan, l’Eglise sera alors soucieuse, dans une telle démarche, de répondre aux enjeux suivants : en quoi cette démarche/position reste-t-elle fidèle à l’Evangile et à Christ ? En quoi glorifie-t-elle le Seigneur et contribue-t-elle à l’édification de tous et à l’amour ? En quoi est-elle un témoignage ?

    Tu me dis que, sur le devoir de préservation de la vie, mon commentaire sur le “Dieu qui guérit” etc ne fait qu’intensifier le tien, et qu’il n’y a pas de différence entre nous dessus.
    Tant mieux. Je m’en réjouis. Dans ce cas, on peut parler, te concernant, d’une formulation peu heureuse ou maladroite, ne rendant pas justice à ce que tu penses exactement. Ton explication est nettement plus claire maintenant : « nous avons quartier libre pour imaginer tous les moyens possibles de préserver la vie, système hospitalier et politique sanitaire comprise » et « toute politique sanitaire peut être acceptable bibliquement dans la mesure où elle préserve la vie ».
    Ensuite, je n’avais pas cru bon de le préciser, vu que tu connais bien toute la Bible, mais contrairement à ce que tu avances, Il y a bien une “politique sanitaire biblique”, que Dieu a transmise à son peuple dès la sortie d’Egypte (cf le Lévitique concernant les cadavres, la lèpre…pour éviter la contagion) et visiblement encore valide à l’époque de Jésus cf les recommandations donnés aux lépreux purifiés dans les évangiles. Concernant l’actualisation de ces principes, je renvoie à ce que j’ai déjà écrit sur le Dieu qui te guérit » et sur laquelle nous sommes en accord.

    « Je ne suis pas ta dichotomie entre raison et foi ».
    Je le sais bien, mais ne trouve pas ton approche pertinente. Je ferai davantage la distinction entre l’âme et l’esprit, ce qui nous permet de faire davantage la distinction entre une posture « charnelle » (= psychique, de l’âme) et « spirituelle » (conduite par l’esprit) : si nous n’excluons d’exercer notre « bon sens renouvelé » dans certains cas, des situations tellement évidentes que nous n’aurions pas besoin de discernement spirituel, l’âme (=raison, émotions, volonté) doit être soumise à notre esprit, lequel est soumis à l’Esprit de Christ. D’autre part, vu que nous marchons « par la foi » et non « par la vue », il me parait aussi dangereux d’estimer que la raison serait la manière principale, pour ne pas dire unique, d’appréhender le réel. La raison, si elle ne doit pas être dénigrée, comme les émotions et la volonté, doit descendre du piédestal d’où on l’a placé.
    Ces positions moins “anti” existent déjà dans le milieu chrétien (un autre commentaire sous cet article en signale deux) et j’ai précisé explicitement que je n’étais pas en guerre contre eux, sinon de façon superficielle.

    Enfin, on remarque tout de même le caractère consensuel de ton article auprès des « anti-vaccins » déclarés (à ne pas confondre avec ceux qui se posent des questions légitimes sur le sujet, sans être opposés aux mesures sanitaires – gestes barrières, masques… – et à la vaccination). Pour preuve, le commentaire du premier internaute ci-dessus. Tu as raison de souligner que la qualité éventuellement reconnue d’un article par l’un ne dépend pas de la position particulière que tu prends dans ledit article. Est-ce réellement le cas ? L’important n’est pas d’approuver l’article parce qu’il confirmerait ce que l’on pense déjà.

    Merci de m’avoir lu intégralement jusqu’au bout.

    Bien fraternellement et à bientôt !
    Pep’s

    Réponse
  4. Etienne Omnès

    Bonjour Pep’s,

    Je vais tâcher d’être à la hauteur de ta contribution, même si je ne réussirai pas à être aussi cohérent que ce que je désire. Que le Seigneur veille sur nous.

    1. La recherche de la vérité et l’objectivité ne sont pas propres au raisonnement dialectique. Quand à l’objectivité proprement dite, je pense que les post-modernes ont plutôt raison et qu’elle est un mirage. Ce que nous pouvons espérer en revanche, c’est que par des syllogismes rigoureux, nous atteindrons une position solide.

    2. Je n’ai pas nié l’efficacité du vaccin. En fait j’ai explicitement dit que mon opinion sur l’efficacité du vaccin est de toute façon provisoire et dépendante des futures données. Je crois que le vaccin a un effet positif (il diminue transmission et cas graves, ok), je pense que la balance bénéfice/risque est défavorable (avec des difficultés sur la mesure réelle des risques) et donc que chacun agisse selon ses convictions.
    Mais ce que le gouvernement agite comme thèse n’est pas simplement que le vaccin a un effet, mais qu’il est absolument efficace, qu’il y a 12 fois moins de transmission, qu’il n’y a absolument plus d’effets graves, et que les vaccins protègent absolument contre les réanimations, qu’il va mener à une réouverture totale du pays. Cela n’est pas soutenu par les faits. Je ne m’oppose pas au vaccin, mais au pass sanitaire.

    3. Sur les méchants complotistes que je relaie, cela fait assez de temps que je me prends ce genre de critique dans les dents pour que ca ne me fasse plus rien. Ce ne sont que des tactiques d’intimidation, jamais on n’interagit avec les arguments présentés, et tu ne l’as pas fait non plus. Lequel est le plus rationnel? Celui qui fait des raisonnement faux et d’autres vrais, ou celui qui réfléchit avec son sens esthétique? D’autant plus que nos chères autorités ne sont pas exemptes non plus de mensonges. Après tout, les masques ça ne sert à rien, n’en mettez pas. Ah au fait maintenant c’est 135€ si vous n’en mettez pas dehors alors que ce n’est scientifiquement pas soutenu. La chloroquine vendue il y a peu encore en libre accès est devenue soudainement vénéneuse depuis que le mari du ministère de la santé a décidé de descendre son rival personnel qui défend la chloroquine. Nous connaissons parfaitement les effets secondaires des vaccins et l’essai de phase 3 est fini… jusqu’à ce que Pfizer dise que l’essai n’est pas fini et qu’il est toujours écrit sur la notice du vaccin qu’ils ne connaissent pas les effets. Bref. Dans cette situation détestable, on nous demande de choisir nos menteurs. Je ne vois pas l’avantage d’avoir des menteurs en costume.

    4. Sur « ce que l’on sait aujourd’hui » soit: si c’est sa conviction, que l’on se fasse vacciner alors. Je ne m’oppose pas au vaccin, mais au pass sanitaire, comme je l’ai déjà dit.

    5. Je n’ai pas compris ton raisonnement aquatique, désolé 🙂

    6. Il est normal d’avoir une église divisée sur des lignes confessionnelles, surtout quand la vérité évangélique est en jeu. Mais je refuse de voir l’église divisée sur une vérité non évangélique. On a déjà donné avec les puritains et les évangéliques de la guerre de sécession, c’est suffisant. Surtout quand on considère la vérité non évangélique comme plus importante que la vérité évangélique. De ce genre de chose, je ne veux aucune part. D’ailleurs est-ce bien une division? Je crois en Jésus Christ, conçu du Saint Esprit, né de la vierge marie, et ressuscité au 3e jour. Dans l’EPUdF ca dépend, ce n’est pas l’important, l’important c’est l’amûûûûr. Ok, je ne divise rien, dès le départ nous ne parlons pas du même Jésus. Pour rappel, j’ai été baptisé dans cette église. Même à 16 ans, j’ai été choqué et offensé par les blasphèmes et la légèreté qu’on y trouve, alors même que j’étais au bord de l’athéisme.

    7. Sur le devoir « vaccinal » de l’Église.
    a. Il n’est pas du devoir de l’église de s’engager sur des sujets qui ne la concernent pas. Le vaccin ne menaçant pas les bases de l’évangile ou son articulation correcte, je ne vois pas pourquoi il faudrait qu’elle s’exprime au niveau institutionnel. C’est une affaire civile et matérielle, laissons-là au soin du magistrat et des citoyens.
    b. L’Eglise n’a aucun devoir de faire taire les indésirables, surtout quand c’est sur des sujets qui ne la concernent pas. D’ailleurs, souvenons nous que les créationnistes jeune terre sont officiellement des complotistes, balancant leur contre-information dans des niouzeletters alimentant etc. Faut-il les censurer? Est-ce un devoir moral que de s’opposer à ces menteurs de créationnistes jeune-terre?
    c. Pour le corps de tes quelques paragraphes, je n’ai pas grand chose à redire. Je pense aussi qu’on est dans une situation bloquée où il faut y aller avec prudence et supporter les positions de l’autre. Mais c’est justement **à cause de cela** qu’il faut que cette question reste un adiaphoron [moralement indifférente], jusqu’à ce que les données soient stables et que la conviction se fasse. Si nous commençons une conversation « ouverte » mais dont la mission est de « faire taire les dissidents », ça porte un nom: un piège. Pour ma part, j’ai suffisamment essuyé de tentatives d’intimidations de la part de « pédagogues » pour être irrité par ces procédés.

    7. Sur les isolements du Lévitique: je n’y avais pas pensé au moment d’écrire l’article, mais il m’a été proposé. Je ne suis pas convaincu cependant que ce soit sanitaire en plus d’être rituel. a. Le responsable est le prêtre, et non le roi. Pourtant, si le fléau était naturel, cela devrait être au roi ou à ses officiers d’agir. b. Seul le lépreux est isolé, pas sa famille: incohérent si c’était sanitaire. c. le « traitement » est un sacrifice, ce qui laisse sous-entendre que le problème est spirituel, et non matériel. d. Il y a aussi des lois contre la lèpre des maisons. Sont-elles sanitaires elles aussi? Bref, je pense que c’est une loi purement rituelle.
    Cependant, cela n’exclut aucunement le confinement ou la quarantaine comme outil de politique sanitaire. A partir du moment où c’est justifié, c’est suffisant.

    8. J’étais aussi trichotomiste au départ, mais même après avoir lu ton article, je reste convaincu que le dichotomisme est plus cohérent.

    9. Libre à toi de m’accuser d’être complotiste et anti-vaxx. Cela montrera à tous combien tu es vertueux et t’économisera beaucoup d’efforts. 🙂

    J’ai fait du mieux que j’ai pu, mais je crains ne pas avoir été à la hauteur. En tout cas, que le Seigneur te garde bien dans sa bonne main.

    Réponse
  5. Pepscafe

    Merci à toi pour ton retour rapide et pour ces mots, comme dans l’esprit de la réponse.

    « Que le Seigneur veille sur nous ».
    C’est ce que nous pouvons nous souhaiter de mieux, en effet.

    « La recherche de la vérité et l’objectivité ne sont pas propres au raisonnement dialectique. Quant à l’objectivité proprement dite, je pense que les post-modernes ont plutôt raison et qu’elle est un mirage. Ce que nous pouvons espérer en revanche, c’est que par des syllogismes rigoureux, nous atteindrons une position solide ».

    Admettons, pour le raisonnement dialectique. Concernant l’objectivité, j’explique les conditions d’exercice dans un article sur « l’information chrétienne » sur Pep’s café ! le blogue : je ne dis que c’est facile ou évident, mais l’objectivité de celui nous informe me paraît possible à condition de vérifier l’information sur le terrain, auprès des personnes concernées[ce qui implique de revaloriser le reportage], et donc de ne pas se contenter de rester derrière un écran à recycler des brèves ; privilégier la diversité des perceptions et des opinions, même contradictoires ; ne pas porter de jugement moral ou moralisant ; expliquer sa démarche (comment mon reportage est construit) ; préciser les limites et le cadre de l’enquête ; permettre au lecteur de discuter/enrichir le contenu et d’apporter une contradiction/réfutation/ rectification de ce qu’il voit/lit
    Toutefois, je ne pense pas qu’il convienne de « cloisonner » (mais je t’ai peut-être mal compris) : la recherche de la vérité est la condition pour une information digne de ce nom, a dit un journaliste. Elle reste valable en tout temps, je pense. Et couplée avec la justice, la miséricorde…

    « Je n’ai pas nié l’efficacité du vaccin. En fait j’ai explicitement dit que mon opinion sur l’efficacité du vaccin est de toute façon provisoire et dépendante des futures données. Je crois que le vaccin a un effet positif (il diminue transmission et cas graves, ok), je pense que la balance bénéfice/risque est défavorable (avec des difficultés sur la mesure réelle des risques) et donc que chacun agisse selon ses convictions.
    (….) Je ne m’oppose pas au vaccin, mais au pass sanitaire. »

    J’ai bien compris ta position. Cet échange aura permis d’expliciter encore plus clairement celle-ci sur le vaccin.

    « Sur les méchants complotistes que je relaie, cela fait assez de temps que je me prends ce genre de critique dans les dents pour que ça ne me fasse plus rien »
    Si cela ne fait plus rien, attention, alors…

    « Dans cette situation détestable, on nous demande de choisir nos menteurs ».
    D’où l’intérêt de refuser et de sortir de cette « alternative » piégée qui n’en est pas une : il ne s’agit pas de choisir « nos menteurs » ou de choisir « les méchants complotistes » [ou plutôt les pseudos experts] pour sortir d’une propagande supposée des chantres « de la vérité officielle », en lui substituant une autre propagande.
    Ce refus et cette sortie me paraissent possibles aux hommes et femmes « de bonne volonté ».

    « Sur “ce que l’on sait aujourd’hui” soit: si c’est sa conviction, que l’on se fasse vacciner alors. Je ne m’oppose pas au vaccin, mais au pass sanitaire, comme je l’ai déjà dit ».

    Oui. D’après les données que nous avons et vu que + de 14 % des habitants de notre planète ont eu une vaccination complète. A noter que ce n’est pas là uniquement une question de choix individuel, mais tout choix a une portée collective et engage.
    Personnellement, j’ai eu ma première dose de vaccin Pfizer en début de semaine, sans effets secondaires.

    « Je n’ai pas compris ton raisonnement aquatique, désolé »
    J’en parle sur Pep’s café ! le blogue dans un article intitulé « souviens-toi : c’est de l’eau ! »

    « Ok, je ne divise rien, dès le départ nous ne parlons pas du même Jésus ».
    « Nous ne parlons pas du même Jésus » ? C’est-à-dire ? Qui, « nous » ?

    « Sur les isolements du Lévitique: je n’y avais pas pensé au moment d’écrire l’article, mais il m’a été proposé. Je ne suis pas convaincu cependant que ce soit sanitaire en plus d’être rituel. a. Le responsable est le prêtre, et non le roi. Pourtant, si le fléau était naturel, cela devrait être au roi ou à ses officiers d’agir. b. Seul le lépreux est isolé, pas sa famille: incohérent si c’était sanitaire. c. le “traitement” est un sacrifice, ce qui laisse sous-entendre que le problème est spirituel, et non matériel. d. Il y a aussi des lois contre la lèpre des maisons. Sont-elles sanitaires elles aussi? Bref, je pense que c’est une loi purement rituelle ».

    Et si la Bible n’avait pas ce type de distinction, entre le sanitaire et le rituel, ce qui relève du prêtre et du roi, du magistrat et de l’Eglise ? L’erreur d’appréciation est peut-être là. Même pb posé dans tes réponses aux paragraphes 6 et 7, sur la prise de position de l’Eglise sur les enjeux éthiques. Si c’est une question de vie ou de mort, cela concerne l’Eglise : à moins de défendre une théologie théorique, passionnée d’enjeux abstraits et déconnectée de la réalité. Après tout, l’Eglise en a bien sur d’autres sujets éthiques que le vaccin, la Bible parle bien aussi de l’accueil de l’étranger dans le respect de la vie, et j’ai aussi lu ici des positions éthiques sous l’angle théologique, preuve que ces sujets ne sont pas si « étrangers » que cela. Vu que c’est un point de désaccord entre nous, je renvoie à ce que j’ai déjà écrit plus haut concernant la réflexion sur les notions des « adiaphora », du « status confessionis » et de « l’hérésie éthique » ne saurait nous conduire à une relativisation de l’importance des questions éthiques ; elle semble au contraire indiquer que ces questions peuvent tout-à-fait avoir une importance essentielle pour les chrétiens, dans un cadre ecclésial.

    Pour répondre aux craintes de débat ouvert piégé, aux finalités « d’intimidation » pour “faire taire les dissidents” (ce qui serait effectivement scandaleux), il suffit de lire ce qui se dit sur les réseaux @sociaux, là où il n’y a même pas de débat, mais anathèmes. Ceci dit, ce n’est pas là l’esprit d’une telle démarche suggérée : il n’y a aucune raison de craindre quoique ce soit, si cela se fait en jouant le jeu, dans un esprit fraternel et de confiance, avec respect et en usant de patience avec tous, et dans une perspective de découvrir ce qui est vrai et de réhabiliter la parole. Si cela peut contribuer à guérir la confiance malade, cela ne peut qu’être positif.
    Celui qui a tout à craindre est 1)celui qui fait preuve de mauvaise foi, celui qui, comme dans la fameuse parabole, où le roi révèle aux aveugles qu’ils se trompent tous (sauf que, bien sûr, le roi n’est pas aveugle), affirme que « tout serait faux » et qu’il ne faudrait croire personne…sauf celui qui énonce cette « vérité », une croyance de nature à nourrir tous les fantasmes et autres délires complotistes ; et (2) le « dealer » diffusant des doses quotidiennes de désinformation, tout en déclarant hypocritement ne pas y toucher lui-même (y compris sans avoir cette prudence responsable vis-à-vis de l’hydroxychloroquine, vu ses effets secondaires connus, alors qu’il convient de mettre ce produit à sa juste place, sans en faire un « shiboleth » : ce produit est indiqué en rhumatologie dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du lupus érythémateux disséminé pour ses propriétés anti-inflammatoires et immunomodulatrices).

    « Cependant, cela n’exclut aucunement le confinement ou la quarantaine comme outil de politique sanitaire. A partir du moment où c’est justifié, c’est suffisant ».
    Merci pour ce positionnement clair.

    « J’étais aussi trichotomiste au départ, mais même après avoir lu ton article, je reste convaincu que le dichotomisme est plus cohérent ».
    Tant pis. Personnellement, même en vous lisant et en lisant d’autres (des « bac + 10 » en théo) sur le sujet, je ne vois toujours pas en quoi le dicho serait plus cohérent (voire plus « biblique ») que le tricho. D’autres expliquent mieux que moi leur position en faveur du tricho. Cela ne change toutefois rien dans le fait que nous avons toujours le même Père, le même Seigneur et le même Esprit, et que nous croyons dans le même Evangile et la même Parole.

    « Libre à toi de m’accuser d’être complotiste et anti-vaxx. Cela montrera à tous combien tu es vertueux et t’économisera beaucoup d’efforts ».
    Si je le croyais vraiment, je considérerais d’emblée que poster un commentaire ici est une perte de temps. Or, j’apprends à te connaître un peu et je me refuse aux étiquettes restrictives disqualifiantes. Je souhaite inviter à un sain recul et à la réflexion.
    Je reste convaincu qu’ici et nous concernant, l’échange reste fécond (la preuve, ces éclaircissements sur ta position sur le vaccin et la vaccination, les politiques sanitaires), vu que notre Dieu, le Dieu de la Parole (efficace), est « le Dieu véritable et la vie éternelle ». Une vie relationnelle, en somme.

    « J’ai fait du mieux que j’ai pu, mais je crains ne pas avoir été à la hauteur. En tout cas, que le Seigneur te garde bien dans sa bonne main.

    L’avenir nous le dira.

    Bien dit (pour la dernière phrase). Tout autant pour toi. C’est ce qu’on peut se souhaiter de mieux.

    Fraternellement en Jésus-Christ, Notre Sauveur et Seigneur,
    Pep’s

    Réponse
  6. Anthon

    Merci Etienne pour cette position largement explicitée et courageuse !
    Ton point N° 3 dans ton dernier commentaire pourrait même suffire à clore le débat.
    Et pourtant, il y aurait tant à dire sur la brutalité de ces décisions, le chantage ignoble, la désinformation à tout va, la censure et l’ostracisme à l’encontre de toutes les voix discordantes, le besoin d’un vrai secteur public de la santé, les mensonges, conflits d’intérêts, etc, etc, etc …
    Il est évident que ceux qui nous gouvernent visent la division et l’affrontement (diviser pour mieux régner). Le problème n’est même pas sanitaire mais avant tout politique et institutionnel.
    Personnellement, j’ai demandé à mon église, que ceux qui prennent la parole habituellement, notamment lors du culte, se gardent bien de prononcer des paroles partisanes, dans un sens comme dans l’autre. En revanche, j’invite chacun(e) comme tu le proposes à la réflexion et à se faire une opinion par soi-même et … la prière.
    Ton analyse Etienne contribue à cet effort, à n’en pas douter.

    Bref, dernière(s) minutes(s) : Israël est passé à la 3ème dose (https://www.sudouest.fr/sante/coronavirus/vaccin/covid-19-israel-administre-une-3eme-dose-de-vaccin-aux-personnes-vulnerables-4131348.php). C’est un des sites les moins complotistes que j’ ai trouvé (à vrai dire, je n’ai pas vraiment cherché, tellement il y a pléthore) Alors à quand la 4ème dose, puis la 5ème, 6ème, …. ?? Pas top pour des vaccins (qui d’ailleurs n’en sont pas) qui se veulent d’une grande efficacité …
    Et toujours sur Israël, des témoignages vraiment éclairants : https://www.youtube.com/watch?v=KyOmKim7xg8. Bon là pour le coup, site horriblement complotiste (terre plate, gilets-jaunes-analphabètes-alcolos-fachos-etc-etc …)

    Merci pour ton travail Etienne.

    J’en profite pour adresser un salut fraternel à notre cher Pep’s.

    Soyez bénis.

    Réponse
  7. Anthon

    re..
    En complément de mon précédent commentaire et à toutes fins utiles, je me permets de suggérer l’article ci-après « http://www.revuedlf.com/droit-administratif/sur-la-liceite-dune-obligation-vaccinale-anti-covid/#_ftnref14 ».
    L’auteur, Philippe Ségur est professeur de droit public à l’Université de Perpignan. Il retrace l’évolution du droit français et international au regard de l’éthique dans le domaine de l’expérimentation médicale.
    Rappelant – pour qui veut bien l’entendre (sic) – que les prés-supposés vaccins supposés stopper la covid sont des traitement en cours d’expérimentation (fin 2022 et 2023, normalement) et il met en exergue la notion de « libre consentement » comme garde-fou à toute tentative d’obligation vaccinale dans ce contexte, fusse t’elle d’urgence et réputée être au bénéfice de la collectivité.
    Les principales étapes parcourues en droit et l’histoire des expérimentations médicales en lien avec les questions de morale et d’éthique sont bien exposées (et plutôt effrayantes).
    Par ailleurs et comme je l’ évoquais précédemment la question n’est pas tant sanitaire que politique, institutionnelle, voire sociétale : « Il faut se garder, en effet, d’une vision idéalisée de la rationalité scientifique qui conduirait à faire abstraction des enjeux de pouvoir, des intérêts financiers et des stratégies institutionnelles qui la conditionnent. La recherche médicale possède sa propre logique de déploiement qui n’est pas nécessairement humaniste et qui peut être assujettie à la quête du profit comme l’a rappelé encore récemment l’affaire du Médiator[45]. C’est un fait, par ailleurs, que la rationalité pure échappe à toute norme morale et menace de se retourner contre elle-même comme l’a montré Max Horkheimer[46]. Un marqueur de la civilisation peut alors se transformer en « progrès régressif » selon la formule de Theodor Adorno[47]. »
    Anthon

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