Baptême des enfants

10 bonnes raisons d'être pédobaptiste !

J’ai écrit beaucoup d’articles sur le pédobaptême, mais il manquait encore un article synthétique qui résume quelques-unes des principales raisons pour lesquelles mes enfants, Dieu voulant, seront baptisés. C’est ce que je propose ici en donnant 10 bonnes raisons d’être pédobaptiste. Pour chaque raison, je propose aussi des articles pour aller plus loin.

#1 Car les apôtres ont baptisé des familles entières.

Nous constatons dans les Actes (10:48, 16:15, 16:32-34, 18:8) que de nombreuses familles sont baptisées. Ce qui est plus intéressant, c’est de constater que toutes les familles présentes en Actes sont baptisées et que tous les baptêmes de païens sont des baptêmes de famille. La majorité des baptêmes sont des baptêmes de famille. Je pense que Luc ne fait pas l’oeuvre d’un journaliste qui veut simplement « faire du sensationnel ». Il veut communiquer un message théologique : Et si Dieu était enfin en train d’accomplir sa grande promesse faite à Abraham de bénir toutes les familles de la terre en lui (Gen 12:3) ? N’est-ce pas précisément ce que le Messie est venu accomplir (Luc 1:55, 68-73) ?

Autrement dit, le débat autour du fait qu’il y ait eu ou non des enfants dans ces familles passe à côté du coeur du problème : un baptiste dira qu’il n’y en avait pas (et c’est peu probable), un pédobaptiste dira qu’il y en avait. Par contre, seuls les pédobaptistes peuvent expliquer la direction théologique choisie par Luc.

Cette compréhension familiale de la mission de l’Église que je vois dans l’Écriture me semble absente du modèle baptiste. De quand date le dernier baptême de famille chez les baptistes ?

Pour aller plus loin :

#2 Car rien ne nous dit que les enfants sont sortis du peuple de Dieu

Pendant des milliers d’années, Dieu a inclus les enfants dans le peuple de Dieu. Il a sauvé Noé et sa famille (Gen 6:18), a fait alliance avec Noé et ses descendants (Gen 9:9), avec Abraham et ses descendants (Gen 17:7), avec David et ses descendants (2 Sam 7:12). Pendant des générations, le peuple de Dieu a considéré les enfants comme membres à part entière de ce peuple.

Quand il annonce la Nouvelle Alliance, Dieu continue à y inclure les enfants (Es 44:3, 54:10-13, 59:21, 61:8,9, Jer 32:38-40, etc.).

Enfin, quand la Nouvelle Alliance est venue, il considère encore les enfants comme membres de son Eglise (Act 2:39, 1 Cor 7:14, Eph 6:1 cf. Eph 1:1, etc.) et Jésus nous dit que le royaume de Dieu est pour eux (Mat 19:14, Luc 18: 16, Mc 10:14).

L’expérience confirme cela, bien souvent Dieu fait naître ses élus dans des familles croyantes.

Pour aller plus loin :

#3 Car je veux élever mes enfants comme chrétiens et non comme païens à convertir.

La Bible nous dit d’élever nos enfants « dans le Seigneur » (Eph 6:4, Col 3:20-21). Cela ne veut pas dire qu’il faut les élever pour qu’ils aient une bonne réputation d’enfants bien élevés. Cela veut dire qu’ils sont dans une relation privilégiée avec le Seigneur. D’ailleurs, Paul donne même aux enfants une promesse tirée de l’alliance mosaïque (Eph 6:3), il les considère comme membres de l’alliance.

Réfléchissons à cela : va-t-on dire à son enfant qu’il doit pardonner son frère car c’est bien ou qu’il doit le pardonner « comme Dieu l’a pardonné en Christ » (Col 3:13) ? Peut-on prier avec nos enfants « Notre Père qui es aux cieux… » ? Si Dieu est leur Père, ne sont-ils pas ses enfants ?

Mise à jour du 19/11 : pour corriger des incompréhensions, voici un article qui explique ce que je veux dire quand je dis que nos enfants sont enfants de Dieu.

Pour aller plus loin :

#4 Car la promesse faite à Abraham est nôtre.

Toutes les promesses sont à nous en Jésus-Christ (2 Cor 1:20). Puisque nous sommes les enfants d’Abraham (Rom 4:12), unis à la descendance promise (Gal 3:16), nous avons part à cette promesse selon laquelle Dieu sera « notre Dieu et celui de notre descendance » (Gen 17:7). En effet cette promesse n’est pas faite qu’à Abraham car, comme nous l’avons constaté, les croyants de l’Ancienne Alliance l’ont reçue chacun pour eux et que la Nouvelle Alliance est promise en réitérant cette promesse (Es 44:3, 54:10-13, 59:21, 61:8,9, Jer 32:38-40, etc. ; cf. Act 2:39). C’est d’ailleurs, selon l’épitre aux Hébreux, sur le fait que la promesse faite à Abraham est à nous que se fonde notre assurance (Heb 6:16-18).

Pour aller plus loin :

#5 Car le Nouveau Testament nous dit que le baptême et la circoncision pointent vers la même réalité spirituelle : la circoncision du coeur.

En Colossiens 2:11-12, Paul dit une chose significative : quand nous étions païens, incrédules, nous étions incirconcis spirituellement. Mais, par la foi, nous sommes sortis de cette incirconcision car nous avons été circoncis d’une circoncision qui n’est pas faite par la main des hommes : la circoncision du Christ. Il poursuit en disant que c’est le baptême qui signifie de façon visible cette réalité. Il est le sceau visible de la justice reçue par la foi.

Et c’est précisément ce qu’était la circoncision, elle aussi était le signe de la circoncision du coeur (Dt 10:16, Jer 4:4, Eze 44:7). Elle aussi était le « sceau de la justice reçue par la foi » (Rom 4:11). Il est donc juste que, nos enfants recevant la promesse avec nous (Act 2:39), ils en reçoivent aussi le signe.

Pour aller plus loin :

#6 Car Dieu sauve la famille qu’il a créée

Dieu est le Créateur de la famille. Pourquoi a-t-il si souvent inclus les enfants dans ses promesses ? Pourquoi, lorsque Adam pèche, sa descendance est-elle coupable ? Pourquoi n’a-t-il tout simplement pas fait alliance avec Abraham, David et Noé sans mentionner leur descendance ? Pour une raison très simple : Dieu est en train de sauver ce qu’il a créé. Puisqu’il a créé la famille, il s’adresse aux hommes selon les structures qu’il a lui-même établies et ce même si le diable et le péché veulent les détruire (ils ne le peuvent).

Dieu a donc choisi, pour sauver sa création, de l’utiliser. C’est pourquoi il utilise très souvent la famille pour mener une personne à la foi. C’est ce principe encore qui est rendu palpable par les signes d’alliance que Dieu a donnés et qu’il nous demande d’appliquer à notre descendance.

Pour aller plus loin :

#7 Car le contexte historique nous confirme ce fonctionnement

Au Moyen-Orient ancien, quand deux rois ou deux personnes faisaient alliance, ce n’étaient pas deux individus isolés qui faisaient alliance. Chacun considérait l’autre conformément à son statut et ses fonctions. C’est-à-dire que, par exemple, la nation tout entière et la famille du roi était engagées par l’alliance, et non seulement l’individu, le roi. C’est ce que l’on appelle le principe fédéral.

C’est ce principe qui explique que Dieu fasse alliance avec Abraham et ses descendants (Gen 17:7), que la nation d’Israël entière soit punie quand David pèche (1 Chr 21:7), que Moïse soit repris quand il n’a pas circoncis son fils (Ex 4:18-26), ou que Dieu décide de considérer les enfants de croyants comme « saints » (1 Cor 7:14). Cela ne signifie pas qu’ils sont sauvés (on voit dans le contexte que quelqu’un peut être considéré comme sanctifié v.14 sans être sauvé v.16) mais que Dieu les place dans son peuple visible sur terre. Dans ce peuple, sous l’influence de la prédication de la Parole et de ses signes (Baptême et Cène), ils seront dans le contexte le plus favorable pour parvenir à la foi.

Ainsi, il est vrai que la profession de foi est toujours liée au baptême dans le Nouveau Testament, mais considérons comment elle y est liée. Le Nouveau Testament nous montre : professe la foi et sois baptisé, toi et ta famille.

Pour aller plus loin :

#8 Car le pédobaptême est pratiqué depuis le début de l’histoire de l’Église, ce qui rend probable son origine apostolique

Polycarpe, disciple de Jean, alors qu’il est exécuté dans ses vieilles années, à environ 86 ans, dit « j’ai été chrétien depuis 86 ans » à son exécuteur. Il a certainement été baptisé très tôt pour pouvoir dire cela. Justin Martyr établit un parallèle entre baptême et circoncision dans son Dialogue avec le juif Tryphon. Cyprien et un concile de 36 anciens réunis en Afrique du Nord ont rejeté ceux qui faisaient un parallèle si fort avec la circoncision qu’ils voulaient baptiser le 8èmejour. Ils ont déclaré d’un commun accord que dès la naissance le baptême peut être reçu. Autrement dit, ils étaient tous d’accord qu’il fallait baptiser les enfants et ils voyaient tous un parallèle entre baptême et circoncision. Certains poussaient ce parallèle plus loin que la Parole et ont donc été corrigés par ces évêques.

Dans son ouvrage principal, Irénée de Lyon, qui a connu Polycarpe, mentionne en passant le baptême des enfants comme quelque chose qui n’est pas débattu chez les chrétiens[1]. Origène témoigne aussi de l’existence du baptême des enfants comme quelque chose d’indiscuté et dit que l’Église a reçu cela des apôtres[2]. Augustin[3](354-430), Cyprien[4](200-258), Ambroise[5](337-397), Hippolyte[6](170-235) et Chrysostome[7](344-407) témoignent tous à l’unisson de la même réalité.

Je pourrais accumuler ainsi les preuves, les mosaïques, les épitaphes de tombeaux d’enfants, etc. Comme le dit Jean Calvin[8]« L’idée répandue que le baptême des enfants a été instauré longtemps après les apôtres est une fiction. Car il n’y a pas d’historien ancien, depuis l’Église primitive, qui ne rende témoignage qu’en ce temps-là, le baptême des enfants était pratiqué. ».

Pour aller plus loin :

#9 Car Jésus nous demande de baptiser des familles entières

En Matthieu 28, Jésus nous dit de faire de toutes les nations des disciples en les baptisant et en les enseignant. Notons bien ce que Jésus nous dit. Il ne nous dit pas « baptisez les disciples ». Le texte grec est très précis, il nous dit littéralement de « discipuler toutes les nations » et nous dit ensuite comment : en baptisant, en enseignant. Autrement dit, il ne nous dit pas qu’il faut baptiser des disciples mais comment faire des disciples. Et il nous dit qui nous devons ainsi baptiser et enseigner : les nations.

Comme je l’ai montré ailleurs, le mot « nations » ne désigne pas ici les états-nations apparus tardivement en Europe, ce terme désigne les familles de la terre (Gen 12:3 cf. Act 3:25, Gen 18:18, Gen 22:18, Gen 26:4, Gen 27:29, Gen 28:14, Ps 22:28,29, Ps 67:7, Ps 86:9, Ps 117:1, Ps 148:11,13, 2 Chr 6:33, Dan 7:14, Gen 10:5,32). Les mots traduits par « toutes les nations » en Matthieu 28 sont les mêmes que Paul utilise en Gal 3:8 pour traduire la promesse qu’il cite concernant « toutes les familles de la terre » (Gen 12:3). Je pense donc que Jésus nous commande ici positivement de baptiser des familles entières et de les enseigner, c’est sûrement pour cela que les apôtres ont baptisé autant de familles.

Pour aller plus loin :

#10 Car le baptême représente une promesse de Dieu et non un engagement de l’homme.

Qu’est-ce que le baptême ? Beaucoup répondent qu’il s’agit d’une manière visible de montrer aux autres que l’on croit. Forcément, avec une telle définition, le baptême d’enfants est exclu. Mais la Bible ne définit jamais ainsi le baptême. Puisque toute l’Écriture est inspirée de Dieu et utile pour nous aujourd’hui, puisque nous sommes enfants d’Abraham et que la Nouvelle Alliance dans laquelle nous vivons a été promise dans l’Ancien Testament, il convient de regarder ce que celui-ci a à nous dire à ce sujet avant de nous tourner vers le Nouveau Testament.

Nous voyons, tout au long de l’Ancien Testament, que Dieu conclut des alliances qu’il accompagne de certains signes. Quand Dieu promet de ne plus détruire la terre, il donne à Noé l’arc-en-ciel afin de signifier cette promesse (Gen 9:12,13). Quand il promet à Abraham d’être son Dieu et celui de sa descendance et de lui accorder la justice, il lui donne la circoncision (Gen 17:13, Rom 4:11). Même dans le jardin d’Éden, il accompagnait sa promesse de vie d’un arbre de vie (Gen 2:9). Nous ayant créés matériels, Dieu nous parle conformément à notre nature tout au long de l’Écriture. Il ne se contente pas de nous promettre que Christ est notre pain de vie (Jean 6:51), il nous donne la Cène qui nous le représente (1 Cor 11:23,24) et nous le communique (1 Cor 10:16).

De même, dans le Nouveau Testament, nous voyons que le baptême est rattaché à la promesse du pardon des péchés (Actes 22:16), du don du Saint-Esprit (Actes 2:38) et de l’union avec Christ (Gal 3:27). Le baptême est bien sûr lié à la repentance et à la foi, tout comme la circoncision l’était. Autrement dit, il est lié à la foi non pas parce qu’il démontre publiquement cette foi mais (1) parce qu’il proclame la promesse sur laquelle notre foi s’appuie et (2) parce qu’il exige la foi en réponse. Tout comme les prophètes utilisaient la circoncision de la chair pour dire à Israël « circoncisez votre coeur », de même le baptême nous appelle, quotidiennement, à nous revêtir du Christ et à rejeter le péché bref, à la foi et à la repentance.

Pour aller plus loin :

#11 Bonus : Car les baptistes ne répondent pas de façon satisfaisante à ces 10 raisons.

En réalité, si les évangéliques sont souvent opposés au pédobaptême, ce n’est pas parce qu’il manque de bonnes raisons en sa faveur mais parce que cette position souffre d’incompréhension, est associée au catholicisme ou est carrément inconnue et que ces personnes ont toute une foule d’objections. Puisque j’ai répondu à la plupart de ces objections, j’en propose ici une classification qui vous ramènera aux articles où je traite ces questions.

  1. Réponse aux objections

    Réponse aux questions


[1]Irénée, Contre les Hérésies, II, XXII, 4
[2]Origène, Commentaire sur Romains, V, 9, Homélie sur Luc 4, Homélie sur Lévitique
[3]Augustin, Lettres166, 21 ; La Genèse au sens littéral, X, XXIII, 39
[4]Cyprien, Correspondance, lettre LXIV, 2
[5]Ambroise, Sur Abraham, II, XI, 84
[6]Hippolyte, La Tradition des Apôtres21 :16
[7]Chrysostome, Contre Julien, 1 :6 :21
[8]Jean Calvin, Institution de la Religion Chrétienne, IV, XVI, 8

Étudiant en médecine, passionné de théologie et marié à la meilleure femme du monde. Vous entendrez souvent dans ma bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique".

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